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  • Jean-Marie Demarque
  • Psychanalyse Appliquée
  • Homme
  • 22/03/1956
  • Belgique Hainaut Ecaussinnes
  • psychologie dépression solitude aromathérapie psychanalyse
  • Agé de 54 ans, amoureux de la psychanalyse, convaincu de son efficacité, je suis marié et père de trois enfants :Ludivine, 24 ans, psychologue clinicienne; Marjolaine, 19 ans et Gaël, décédé en 2004, qui aurait 27 ans aujourd'hui...
Samedi 24 juillet 2010 6 24 /07 /Juil /2010 15:38

Lettre ouverte aux responsables de France Culture

 

au sujet de l'émission de Michel Onfray

 

programmée de fin juillet à fin août 2010 à 19h 

 

 

 

Le texte qui suit a été établi par un collectif de psychanalystes et d'enseignants

 

___________________________________________________

 

A Monsieur Bruno Patino Directeur de France Culture

et

A Monsieur Jean-Luc Hees Président de Radio France

France-Culture possède aujourd'hui un rayonnement important ; c'est en trouvant le ton juste lorsqu'il s'agit des affaires du monde qu'elle peut maintenir son statut de radio d'exception. Nous sommes donc stupéfaits que France-Culture fasse de nouveau une très large place aux conférences que donne M. Onfray à l’université populaire de Caen en les diffusant cet été.  Selon France Culture les conférences sont présentées ainsi : "Cette année, dans la perspective d'établir une contre-histoire de la philosophie, Michel Onfray s'attaque aux fondements de la légende freudienne."

Depuis des années en effet, universitaires et chercheurs, venus des horizons les plus divers, ont démontré que les publications de M. Onfray ne reposaient le plus souvent que sur l'approximation grossière, l'affabulation, l'erreur ou la rumeur, notamment lorsqu'il s'agit des trois grands monothéismes, de Marx, de Montaigne, de Charlotte Corday, de Marat, d'Eichmann et de Kant, de Freud enfin.

Les outrances et les aberrations que contiennent ses ouvrages, dont le dernier en particulier (Le crépuscule d'une idole, l'affabulation freudienne), ont suscité une protestation qui ne cesse de s'étendre ; car le débat qui s'est installé autour de celui-ci dépasse largement la question de Freud et de la psychanalyse : il s'agit une fois encore d'une imposture érigée en savoir. Cela fait maintenant sept ans que sont ainsi diffusées les conférences de Michel Onfray. On se demande au nom de quoi celui-ci bénéficie d'une telle pérennité. Onfray ne peut même pas être considéré comme une des voix de la philosophie.

Nous ne pouvons accepter que France Culture, radio publique, continue ainsi à légitimer une telle entreprise de dénigrement et de désinformation qui risque fort à l'heure qu'il est d'avoir des effets nocifs sur des personnes peu averties et qui, de par leur souffrance psychique sont en voie de s'adresser à des praticiens de la psychanalyse et de la psychothérapie qui s'en inspire. Nous sommes là face à une tentative de destruction envers une profession, et de tout un ensemble de professionnels (psychiatres psychologues et autres de formation psychanalytique).

Michel Onfray est le seul intellectuel français à bénéficier ainsi d'une situation qui fait de lui l'égal d'institutions aussi prestigieuses que le Collège de France, ou l'Ecole des Hautes Etudes. Or très nombreux sont les philosophes, historiens, chercheurs en sciences humaines dont les travaux font autorité en France et à l'étranger et qui pourraient trouver sur France-Culture une égale diffusion, dans le respect de la pluralité des voix.

Pour toutes ces raisons, nous demandons que dans les conditions réglementaires en vigueur, il soit mis fin à un contrat qui lie ainsi la radio publique à Michel Onfray. L'antenne sera ainsi de nouveau disponible à une diversité des véritables voix philosophiques.

 

Vous pouvez signer cette pétition « online » en vous rendant sur le site suivant :

http://www.ipetitions.com/petition/nonaonfraysurfranceculture/

MERCI !
Par Jean-Marie Demarque - Publié dans : Réflexions Psy
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Lundi 21 juin 2010 1 21 /06 /Juin /2010 14:52

Pas très bien dormi cette nuit. Beaucoup de pensées, d’idées qui défilent dans ma tête, à propos de ma quête (tiens, y aurait-il du « Don Quichotte » là-dessous ?), de réflexions en cours, de questions d’analyse personnelle. De contradictions rencontrées aussi.De sujets de colère aussi !

Ainsi, j’ai pu constater cette semaine passée encore, qu’il y avait deux mots qu’il fallait éviter d’associer sur Facebook si l’on ne voulait pas se voir immédiatement devenir la cible de tirs souvent très nourris : autisme et psychanalyse.

A cette association, certains réagissent au quart de tour, toutes griffes dehors, chargeant la psychanalyse de tous les défauts, voire de toutes les perversions possible. Et j’ai remarqué que, moins ces personnes en savaient sur ce qu’est vraiment la psychanalyse, plus elles étaient agressives à son égard.

Si on leur demandait, à ces personnes, de définir exactement en quoi consiste la psychanalyse, elles seraient, pour la plupart, bien en peine de le faire. Ce qui me fait conclure à leur sujet qu’elles sont manipulées et donc pas vraiment responsables de leurs assertions. Ce qui me laisse croire aussi (mais je suis peut-être un incorrigible naïf, et plusieurs de mes amis me le rappelleront sans doute) qu’elles puissent éventuellement, sinon changer d’avis, du moins modérer leurs propos si on leur explique certaines données du problème.

Et tout d’abord à propos de la manipulation dont, à leur insu, elles sont victimes. Manipulation avérée, financièrement attestée, relevant d’une volonté réelle de contrôler le secteur de la santé mentale dans son ensemble, orchestrée par l’ensemble des tenants de la nouvelle « Bible » que se veut être le DSM et que ses disciples utilisent avec autant d’ardeur guerrière que des fondamentalistes religieux, classant, étiquetant, évaluant leurs victimes, les emprisonnant dans des catégories prédéfinies, souvent à vie. Vie qui se trouve encore précarisée par l’abondance des médicaments, hosties consacrées de ces messes officialisées hélas par certains politiques…

Dans une colère contenue, je tentais dernièrement d’expliquer à certains le non fondé de leurs attaques masquant à peine une véritable haine sous-jacente : J’ai perdu un fils par la faute d’un médecin. Est-ce pour autant que je me mette à jeter le haro sur la médecine ?

Que des psychanalystes aient commis des erreurs ou des fautes, qu’ils aient, par leurs propos où leurs actes causé des chagrins, favorisé des dérives, je veux bien l’admettre et je le regrette sincèrement. Mais est-ce la une raison suffisante pour en avoir à la psychanalyse et la décréter mauvaise ou dangereuse ? N’est-ce pas plutôt là la manifestation d’une ignorance entretenue par d’autres instances ? Curieusement d’ailleurs, des noms reviennent qui, s’ils sont connus pour s’être parfois fourvoyés, y compris par les psychanalystes eux-mêmes n’en ont pas moins apporté les bases et les fondements de certaines thérapies qui se voudraient aujourd’hui dominante. D’autres noms, par contre ne sont jamais cités alors que tout le monde, dans ce domaine, gagnerait à lire leurs écrits. Je pense à Frances Tustin, par exemple pour la question de l’autisme. Pour le domaine plus général de la psychanalyse, je pense à Liliane Fainsilber, dont je suis en train de lire avec beaucoup de plaisir « Le Livre Bleu d’une Psychanalyste », qui explique en terme vivants et clairs, et parfois avec un humour qui me réjouit, en quoi consiste cette « science humaine » qui ne saurait donc, pas plus que la médecine, être exacte !

On reproche couramment au psychanalyste d’être une sorte de gourou, manipulant ses analysants, les asservissant, les dominant, alors qu’il n’est, dans le meilleur des cas qu’un « supposé savoir » ayant sans cesse à se remettre en question, incapable de pouvoir transmettre une psychanalyse qui est sans cesse à réinventer avec chaque analysant, conférant à ce dernier un statut de particularité et d’unicité absolue. Pas question donc pour la psychanalyse de classer, d’étiqueter, ni d’évaluer !

Mais c’est sans doute là que le bât blesse : des individus sont infiniment moins dirigeables que ne l’est un troupeau, surtout lorsqu’il est constitué de moutons bêlants qui croient intelligent de hurler avec les loups, oubliant hélas que ces derniers n’ont d’autres buts que de les dévorer !

Or, jamais un analysé ne se joindra au troupeau ! Si la psychanalyse n’avait que cette qualité à conférer, ce serait largement suffisant pour la justifier.

Mais il y a plus, pour moi directement constatable : personnellement la psychanalyse a changé ma vie. Mieux : elle m’a fait non pas renaître mais naître, ce qui est infiniment plus fort. Et pour couper court à certaines objections que je vois se profiler, je dirais non pas à la façon d’une religion qu’elle ne saurait être de par sa qualité individualisante. A moins bien sûr qu’on accepte de reconsidérer le concept de religion, le débarrassant de toute dogmatique pour en faire un concept personnel, propre à chaque individu !

Bon, c’est très joli tout ça, me direz-vous peut-être. Mais vis-à-vis de certaines spécificités comme l’autisme, qui en est une à facettes multiples, que peut bien apporter la psychanalyse ? Déjà comment pourrait-elle agir, elle qui fait large place au langage, au parlé, dans un contexte où justement ce langage est déficient ?

La remarque est pertinente. Mais, sans vouloir faire de jeux de mots, à l’analyse, elle ne tient pas !

Je ne suis pas du tout un spécialiste de l’autisme. D’ailleurs, un psychanalyste n’est pas non plus, au sens commun un « spécialiste » puisqu’il ne pratique pas une spécialité qui serait applicable de manière uniforme et balisée. Simplement j’ai eu la grande chance, il y a un peu moins de dix mois, de voir ma vie croiser celle d’une merveilleuse petite fille, atteinte du syndrome de Rett et qui, effectivement, outre le fait qu’elle présentait nombres de troubles relationnels de la sphère autistique, ne parlait pas. Psychanalyste débutant (je me demande dans quelle mesure on n’est d'ailleurs pas toujours « débutant », dans ce domaine où tout est toujours à repenser !) ce n’est pas en cette qualité que je l’ai rencontrée. Simplement j’avais répondu avec mon cœur (Eh, oui, un psychanalyste a aussi un cœur!- Dans le cas contraire je ne vois d’ailleurs pas comment il pourrait exercer dans un domaine où l’amour, même et surtout transférentiel est primordial-) à une demande de ses parents, qui recrutaient des bénévoles pour participer à une « méthode » dont j’ignorais alors absolument tout, et sur laquelle je reviendrai d’ailleurs. Evidemment, outre le regard du cœur, j’ai vite eu aussi à l’égard de cette petite fille un « retour » de mon regard « professionnel ».

J’ai pu mesurer très vite à quel point cette enfant était intelligente et comprenait de manière extraordinaire tout ce qui se disait autour d’elle. J’ai aussi pu constater son sens de l’observation, sa capacité énorme d’attention, même si elle semble s’exercer « à la dérobée ». Celle que je surnomme « la Petite Fée », d’un seul regard est capable de retenir une foule de choses, de gestes qui pour la plupart nous échapperaient.

Très vite aussi, malgré une initiale absence de mots qui aujourd’hui est en train de faire place à un vocabulaire sans cesse plus étoffé et à de véritables phrases, un véritable dialogue s’est installé entre nous. Et j’ai pu apprendre à décrypter ce qu’elle exprimait, me rendant parfois compte qu’il s’agissait d’une véritable logorrhée, le débordement incessant d’une foule de choses contenues en elle et qu’elle cherchait à exprimer.

Je me suis mis alors à essayer de décrypter les mécanismes de ses peurs, de ses angoisses, de ses colères. De ses joies aussi. Je suis loin d’avoir tout compris, mais elle progresse. Lentement mais sûrement. Et remarquez bien que je ne dis pas « je progresse ». Petit à petit, la petite fille devient sujet de son existence, prenant d’ailleurs de plus en plus conscience de sa corporalité. Autant de points qui sont de la psychanalyse, bien éloignés des séances de torture pointées du doigt ! Des points auquels j'ajoute volontiers ce courant étrange et indicible qui circule entre elle et moi, elle qui m'apporte tellement de bonheur, courant que l'on peut appeler "transfert" et sans lequel il n'est pas de psychanalyse qui tienne!

Personnellement, je la suis durant deux séances d’une heure et demie par semaine, plus une séance d’hippothérapie sous la responsabilité d’une psychologue clinicienne (qui se trouve être ma fille). Une goutte d’eau dans un océan quand on sait que la « méthode » dont j’ai parlé fonctionne avec cinq journées de huit heures de séances par semaine, soit quarante heures assurées par une quinzaine de bénévole se relayant. (A propos, et tant pis si je me répète : on demande des volontaires et tout le monde est bienvenu !) Une méthode placée globalement sous la supervision d’une psychologue cognitivo-comportementaliste !

Psychanalyse et TCC ! L’eau et le feu ?

Et bien, non, pas du tout ! Pas du tout à condition que chacun y mette le meilleur de ce qu’il a, avec un soupçon de bonne volonté. Une recette qui donne des résultats excellents et qui démontre à quel point des préjugés, basés sur des informations fausses ou partielles peuvent être nocifs et finalement vecteurs d’échecs, toujours regrettables !

Je constate d’ailleurs avec plaisir nombre de points communs entre cette méthode et certaines lignes de force de la psychanalyse. Je n’en citerai que deux, qui pour moi sont essentielles : le temps, et le respect de la personne dans sa manière propre de fonctionner et de progresser. Sans forcing, avec beaucoup de patience, d’attention et…de satisfactions partagées !

Voilà. Il s’agit peut-être me direz-vous, d’un « cas particulier ». C’est possible. Mais certainement pas plus particulier que ne le sont les dérives dénoncées, pour lesquelles il serait d’ailleurs facile de « renvoyer l’ascenseur ». Mais je ne pense pas que cette manière d'agir soit intelligente, ni surtout qu’elle puisse profiter à qui que ce soit, et évidemment pas hélas aux enfants ou aux adultes qui en ont le plus besoin.

J’espère au moins vous avoir donné matière à réfléchir, sinon à construire…

Jean-Marie Demarque

Par Jean-Marie Demarque
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Vendredi 21 mai 2010 5 21 /05 /Mai /2010 13:30

Un terme banal s'il en est pour qui n'y prête qu'une attention distraite mais qui peut soudain, à quiconque s'y arrête pour en sonder les profondeurs révéler des aspects cachés de son histoire, les illuminer d'une clarté insoupçonnée, leur donner sens .

Elisabeth Roudinesco et Michel Plon, dans leur « Dictionnaire de la Psychanalyse[1] »en donnent, en tête de l'article s'y rapportant, la définition suivante : « Terme inventé par Jacques Lacan en 1953, et conceptualisé en 1956 pour désigner le signifiant de la fonction paternelle. »

Tiens, c'est amusant : moi j'ai été « concrétisé » en 1956 !

Mais laissons-là la plaisanterie, essayons d'y voir plus clair et interrogeons-nous sur le sens du mot « signifiant ».

Emprunté au structuralisme de Ferdinand de Saussure, cette expression devient chez Lacan ce quelque chose qui, sans que le sujet le sache va déterminer sa pensée, ses mots, ses gestes et peser in fine parfois lourdement sur son destin. Nous pourrions donc voir dans le « Nom-du-Père »l'impact laissé dans notre existence au sens fort du terme par tout ce qui a bâti, de manière consciente ou inconsciente notre personnalité, comme un reflet de la transmission du nom « de famille » dans notre lignée agnatique. Du nom, bien sûr, mais aussi des traditions, des « habitudes » sans doute, et, au-delà de tout cela, bien d'autres choses infiniment plus complexes et parfois, sinon toujours, pesantes ! Transmission parfois même des frustrations : « Ils seront pharmaciens, parce que papa ne l'était pas ![2] »

 

Ce que fut mon père, par-delà la vie et le nom qu'il m'a donnés, par-delà même l'éducation que j'ai pu recevoir de lui a façonné mon être à l'image de ce qu'il fut ou, a contrario, comme une sorte de négatif de ce qu'il a pu être ou signifier pour moi. Une constatation générale qui s'applique dans la plupart des cas à chacun de nous : nous sommes tous fils ou fille de quelqu'un, dont généralement nous portons le nom, et que nous imitons ou rejetons, consciemment ou non... La part de l'inconscient étant ici, je crois, vraiment celle du lion !

 

J'ai le sentiment très net, et de plus en plus au fur et à mesure de ma propre analyse, que l'entièreté de ma vie dans ses moindres détails prend sens pour moi dans ce « Nom-du-Père », là même et peut-être surtout où j'ai été en réaction, tentant d'être moi-même, d'être « autre[3] » sans pouvoir échapper au « moule » dont j'étais issu. Conçu, procréé que j'étais à l'image et à la ressemblance de mon père[4]. Et lorsque parfois j'ai voulu me dissocier de ce label que je n'avais pas plus demandé que de naître, je n'ai réussi, avec souvent beaucoup de douleur, qu'à me constituer comme étant son négatif, au sens photographique du terme !

 

Une chose, une seule a joué, de manière drastique et a pu rompre les chaînes qui me tenaient captif,  une chose pénible, difficile, douloureuse: le drame d'un double deuil brutal qui me privant de mes racines comme de mes branches me laissait face à moi-même et à la vie comme un simple tronc susceptible seulement de consomption ou de façonnage. Fort heureusement, après quelques tâtonnements, c'est pour ce dernier que j'ai opté !

 

Façonnage que j'appellerais d'ailleurs plus justement « reconception », puisque je perçois, jusqu'au plus intime de mes fibres profondes ma vie d'aujourd'hui comme une renaissance, au sens le plus plénier. Une expérience que je connais bien, de par mon passé chrétien où j'ai pu parfois la percevoir dans un cadre essentiellement spirituel, celui de la « nouvelle naissance » du converti, du « mécréant » qui vient à la foi et à qui il est signifié que son passé est effacé, qu'il est « né de nouveau » ! J’ajouterais qu’ici, c’est encore différent dans le sens ou je crois qu’il serait plus adéquat de parler de naissance que de renaissance, le dernier terme impliquant une répétition, le premier renvoyant à un acte initial, nouveau, totalement fondateur.

 

Mais ici c'est différent, et bien plus fort : a de nombreux égards, je n'ai plus rien de l'homme que j'ai tenté d’être auparavant, tout en restant, fondamentalement qui j'ai toujours été, ou plutôt, en en prenant conscience. J'ai la nette conviction de n'avoir pas vraiment, « véritablement » vécu ma vie passée, qu'elle ne fut qu'un long et laborieux accouchement de qui je suis depuis toujours mais dont la personnalité véritable n'a jamais pu vraiment s'épanouir, engluée qu'elle était dans les liens du « Nom-du-Père »! J’ai le sentiment d’avoir vécu comme « par procuration », entendant par là que je n’étais pas , je n’existais pas moi-même ni par moi-même mais selon le modèle, le moule constitué par mes parents, mes grands-parents et ainsi de suite. (à condition de considérer, bien sûr, que le concept du NDP ne soit pas exclusivement référent au père biologique mais puisse s’appliquer à l’influence de tout « ascendant ».)

 

D'aucuns sans doute, lisant ces lignes, s'exclameront : « folie » et n'auront aucune peine à trouver, au sein des pages du DSM maintes preuves de leur constat! Pourtant, à en envisager les résultats, j'aurais plutôt tendance à dire « sagesse » ! Jugez plutôt :

 

Pétri, malaxé dans l'argile d'un christianisme pratiquant et triomphant j'ai été habité, depuis ma plus prime jeunesse, par un sentiment de culpabilité, transmis et lié à l'idée obscure du péché, jointe à une angoisse ressentie souvent comme épaisse et pesante face à mon inéluctable finitude et surtout aux punitions aussi hypothétiques que redoutées, que je croyais, par une sorte d’atavisme, promises à tout pécheur dans un non moins hypothétique au-delà, voire déjà dans l’immédiateté du temps qui lui est imparti, par le truchement d’événements difficiles et pénibles qui inévitablement émailleront –ou plus sûrement pourriront- sa vie.

 

Mais plus tard ou maintenant, en vertu de quoi justifier cette potentielle rétribution de nos actes ? Quel système, quelle croyance peut faire la démonstration de cette dernière comme étant à la fois logique et inéluctable ?

 

A démonter et retourner dans tous les sens les genèses fondatrices de mes « croyances[5] », à en démêler les nœuds à la force de l’esprit[6] , force m'est aujourd'hui de constater, avec sérénité, qu'elles n'ont aucun sens autre que celui ou ceux qu'ont voulu parfois y apporter des humains en quête de justification . L’homme est ainsi fait : il a besoin de croire, besoin aussi de nier cette finitude qui lui fait si peur, quitte à s’inventer une obligatoire continuité sans la foi en laquelle il lui est bien difficile d’assumer son existence.

Pourtant rien, absolument rien ne peut me porter à croire qu’il y ait un avant et un après notre existence qui se fonde sur autre chose que purement logique ou contingent. En dépit de sa complexité, en dépit du fait qu’il soit une merveille dont nous ignorons encore bien des secrets, rien ne permet de démontrer ni même d’affirmer que l’être humain soit autre chose que le fruit d’un assemblage et d’une évolution logiques, sans la moindre intentionnalité créatrice ou autre qui justifierait sa présence dans notre monde. C’est ici et maintenant que je pense et que je suis, pas hier ni demain ! Dès lors pourquoi focaliser mon attention sur autre chose que l’instant présent, qui du reste n’est déjà plus à l’instant même où je l’envisage ? S’il est vrai que je sois la résultante d’un désir, en tant qu’individu, cela n’annule pas la possibilité que l’Homme, dans son acception générique ne soit autre chose que le fruit d’un hasard, plus ou moins heureux selon le point de vue dont on dispose !

 

Donc, et par conséquent, pourquoi lier notre vie et orienter celle-ci en fonction d’idéaux qui ne sont que des façons de concevoir l’existence, héritées pour la plupart d’une transmission plus ou moins traditionnelle ? Pourquoi me soucierai-je de mon « au-delà » quand la logique veut que ma vie, mon existence cesse de manière aussi sûre et définitive qu’elle a commencé ? Pourquoi surtout, optant pour ces « idéaux », irais-je infléchir le cours de cette existence si courte qui m’est donnée en m’imposant de suivre des choix et des règles conformes aux idées et croyances, aux traditions de ceux qui m’ont précédé et m’ont marqué de leur empreinte ?

 

Notre vie commence et finit. Point.

 

Entre ces deux étapes, un seul véritable choix s’offre à l’homme : celui d’être vraiment, ou de n’exister que par procuration.

 

La plupart d’entre nous optent, de manière plus ou moins marquée, pour la seconde solution. J’ai le sentiment très net d’avoir moi-même, et pendant très longtemps, suivi cette voie-là, qui selon ce que j’en perçois inscrit son parcours dans la foulée du « Nom-du-Père » et des options et choix de vie orientés par ce concept. Oui, durant des décennies, j’ai vécu comme par procuration, tentant vainement d’exister là même où je n’arrivais pas à être ! Et, partant, j’ai « oublié de vivre », avec toutes les conséquences corollaires à cet oubli !

 

Or, si l’homme veut être lui-même, il se doit d’être unique et non à l’image ou à la ressemblance de qui que ce soit, le concept de D.ieu n’étant, en cette matière qu’un pis aller, prenant fort à propos la place d’un Père devenu parfois pesant.

 

Etre soi implique la rupture avec les liens paternels dans toute l’acception du terme, et la prise de conscience d’une existence qui n’a pas à se mouler mais à se sculpter, prenant totalement les rênes de sa vie et en endossant la seule et unique responsabilité. L’homme ne peut vraiment se réaliser qu’en se détachant des liens qui l’entravent au « Nom-du-Père ».

N’être redevable de rien d’autre que du don de la vie, ce qui, en soi, est déjà suffisamment énorme pour qu’on puisse se passer d’avoir à porter autre chose ! Et si ce don s’est réalisé dans l’amour, tant mieux car ce sera un « plus » structurant pour la personne. Le reste n’est pas absolument nécessaire et peut s’avérer plus que réducteur !

 

Si je suis un homme, je me dois de vivre ma vie exactement comme je l’entends, et non comme « on » m’a dit ou appris à la vivre. Et je n’ai surtout pas à la bâtir en fonction d’une soi-disant rétribution post-mortem.

 

 

« La mort est un état de non-existence. Ce qui n'est pas n'existe pas. Donc la mort n'existe pas. »

 

C’est Woody Allen qui parle et l’on ne peut, je crois, mieux dire ! Dans un même ordre d’idée, il nous faut donc bien reconnaître que lorsque la vie n’est plus, elle n’existe pas non plus, et qu’il ne saurait donc exister « d’après » autre que celui d’un retour ou d’une fusion au néant dont nous sommes issus, à ce « vide » qui ne l’est pas vraiment. A l’Ein Sof cher aux Kabbalistes!

Il y a donc seulement un « pendant ». Pas d’avant ni d’après. Sachons donc vivre pleinement et sans entrave le « pendant », tant qu’il nous est donné. Nous rejoignons ainsi le « carpe diem » cher aux disciples d’Epicure. Cher aussi à d’autres sages, comme au Bouddha qui a cette phrase : « Le secret d’une bonne santé du corps et de l’esprit, c’est de ne pas ruminer le passé, de ne pas s’effrayer de l’avenir ni d’anticiper les difficultés à venir, mais de vivre l’instant présent avec sagesse et sérénité ».

 

Jean-Marie DEMARQUE


[1]    PLON M. & ROUDINESCO E., Dictionnaire de la Psychanalyse, Arthème Fayard, Paris, 1997.

[2]    BREL, Jacques, in « Les Bourgeois ».

[3]  « Moi est Autre » ? N’est-ce pas là quelque chose qui nous ramène au stade du miroir, au moment où l’enfant fait la dissociation entre l’image perçue initialement comme celle d’un « autre » et le reflet de sa propre corporalité ?

[4]  Manière de dire qui renvoie au Livre de la Genèse et à la conception judeo-chrétienne de l’homme, créé « à l’image et à la ressemblance de son Créateur », mais qui beaucoup plus prosaïquement renvoie au traditionnel compliment à l’égard du nouveau-né : « comme il ressemble à son papa ! » (ou « à sa maman » selon le cas !)

[5] J’appellerais « croyance » tout ce qui découle d’une foi transmise et non objectivée, non assimilée par réelle conviction personnelle. J’ai été chrétien par « foi transmise » et non par choix propre, même aux instants où je me suis cru être devenu l’auteur de ces choix.

[6] Esprit à entendre ici au sens de ce qui est psychique et non de ce qui est spirituel. L’hébreu, comme le grec sont plus explicites à ce sujet que le français !

Par Jean-Marie Demarque - Publié dans : Réflexions Psy - Communauté : Connaissance de soi
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Mercredi 19 mai 2010 3 19 /05 /Mai /2010 21:25

Depuis quelques temps, un mois, plusieurs, une année… Je ne saurais le dire de manière précise, j’ai acquis une sorte d’état d’esprit totalement différent de celui qui m’avait habité précédemment, et radicalement autre dans ma manière d’appréhender ce que je pourrais nommer, de manière globale, les aspects spirituels de mon existence.

 

Né dans une famille chrétienne, catholique pratiquante, j’ai été baigné dès ma plus tendre enfance dans une atmosphère croyante, sans toutefois être dévote. Mais la notion d’un Dieu Créateur, ami de l’homme et l’aimant au point d’offrir son propre fils en sacrifice expiatoire du péché humain a été très fortement, très solidement et profondément gravée en moi, avec ses inévitables corollaires que sont les notions de rétribution sous forme de récompense-punition pour les actes posés durant une vie censée pouvoir se perpétuer dans un au-delà éternel, voire ressusciter de ses cendres lors de la fin programmée de sa création par Dieu. Un « formatage » intense du psychisme, qui influe évidemment de manière extrêmement puissante sur tous les aspects de la vie, sur la pensée, le mode de raisonnement, l’intelligence, la compréhension du monde, les idéaux, les inhibitions, les désirs, bref sur tout ce qui constitue une existence, dans toutes ses dimensions touchant tout autant l’être que le faire !

 

Et puis, tout à coup, plus rien de tout cela ! Le sentiment de m’être trompé, d’avoir fait fausse route durant des décennies, d’avoir mal orienté ma vie, mes choix, de m’être laissé abuser par des assertions aussi aberrantes que fausses. Et en même temps, un sentiment d’intense libération, la conviction soudaine de n’être plus lié à quoi que ce soit d’aliénant, le sentiment d’être en paix totale et absolue devant ce qui constituait pour moi comme pour bien la plupart des gens une source indicible d’angoisse sinon de peur : l’idée de ma propre fin, de ma mort et de son après. Et puis aussi, et peut-être surtout, ce sentiment de bien-être et de joie tiré du simple fait de ma vie de tous les jours dont je savoure chaque instant sans plus me soucier le moins du monde d’un hypothétique futur, plus ou moins proche qui pourrait être fait de déceptions, de chagrins ou de contrariétés de tout ordre. Cette idée-là n’a plus aucune prise sur moi : je vis l’instant présent, heureux d’être et de vivre, même si, restant humain, il peut arriver que cette extraordinaire sérénité qui m’habite s’assombrisse dans des moments moins harmonieux, sous l’effet d’une colère difficile à contenir, d’une angoisse qui parfois voudrait pointer, ou d’un souci aussi subit qu’inattendu.

 

En matière de foi, je ne me pose plus de questions : je crois qu’il existe une force vitale qui régit l’Univers dans son ensemble. Je crois que je suis partie prenante de cette force, qu’elle m’habite, m’anime, suscite ma pensée, mes sentiments, ma créativité. J’ai le sentiment presque palpable que mon être de chair, mon corps est le lieu de l’animation et de l’incarnation de cette force, un lieu passager, issus de la fusion initiale de deux cellules, voué à une existence passagère et appelé à retourner au néant dont il est issus, sans aucune perspective d’une survie même immatérielle et donc sans celle d’une quelconque rétribution positive ou négative. Je crois que l’esprit qui anime ce corps, cette enveloppe passagère est une parcelle de celui qui régit l’Univers et qui lorsqu’il quittera son enveloppe charnelle, soit s’incarnera à nouveau pour servir le grand concept vital, soit rejoindra le tout dont il est issu.

 

Dans cette perspective, évidemment, l’idée même de la mort ne nourrit plus en moi aucun sentiment, et surtout ne saurait plus susciter la moindre angoisse.

 

Comment en suis-je arrivé là ? Et pourquoi ?

 

C’est la question qui se pose à moi aujourd’hui, et c’est celle aussi que se posent bien des personnes qui m’ont connu sous un autre aspect, et particulièrement sous celui du théologien, du pasteur qui durant quinze années a exercé son ministère en témoignant d’une foi apparemment aussi forte que solide et sincère ! C’est a priori paradoxal, je le conçois et je l’assume . Mais au-delà du paradoxe, ce que je ressens aujourd’hui est tout aussi fort et sincère !

 

Je ne peux même pas dire que j’aurais « perdu la foi », comme le pensent parfois certains. Si c’était bien le cas, cela pourrait s’expliquer platement par un constat désabusé devant l’inadéquation du dire et du faire constatée chez nombre de chrétiens, et particulièrement chez quelques Tartuffes bigots et hypocrites de la veine de ceux qui ont voulu, dans ma dernière paroisse, m’éliminer et qui, n’ayant d’autres moyens à leur disposition pour le faire, ont choisi la voie de la calomnie, du mensonge, de la diffamation, en passant par celle du harcèlement et de la torture morale. Ils sont arrivés à leurs fins en me jetant comme on jette un « Kleenex » usagé, mais, si ce n’était pour la méchanceté et la perversion dont ils on fait et font encore preuve aujourd’hui, j’aurais presque envie de leur dire « merci ». Très sincèrement : « merci » ! Parce qu’en me jetant, ils m’ont facilité le passage d’un cap que sans eux je n’aurais peut-être pas franchi. Et comme ce franchissement aujourd’hui fait de moi un homme vraiment heureux …

 

Si aujourd’hui je crois de manière absolument agnostique, voire même « athée » au sens strict puisque je ne conçois plus l’existence d’un « dieu » mais celle d’une « force vitale », c’est en raison d’un tout autre événement, et aussi, sans doute, un peu grâce (remarquez bien que je ne dis pas « à cause de ») à un rationalisme qui a toujours présidé à mes raisonnements.

 

L’événement, c’est un accident cardio-vasculaire extrêmement grave, qui aurait dû, selon toute probabilité m’être fatal, survenu en fin de matinée le 12 mars 2008.

 

Souffrant d’insuffisance cardiaque gauche[1], j’ai fait subitement un œdème pulmonaire aigu, accompagné d’une décompensation cardiaque. Je suis resté conscient, malgré la douleur et l’absolue certitude d’être en train de mourir. Dans l’ambulance, j’ai fait un arrêt. Je me souviens précisément de ce qui s’est alors passé : instantanément, toute douleur, toute angoisse ont cessé. Je me sentais infiniment et merveilleusement bien. Les bruits me parvenaient comme au travers d’un écho lointain. Je me suis vu sur la civière, dans l’ambulance, et j’ai clairement entendu le médecin qui disait : « merde, on va le perdre !». Et j’avais, comme une obsession, présente à mon esprit ma fille aînée qui pleurait et me suppliait de rester ; ma fille aînée qui m’avait dit cette phrase-magique : « je t’aime, moi ! ». Alors, j’ai lutté de toutes mes forces en me disant : « je dois rester ». J’ai soudain ressenti une grande douleur, les bruits de sirène se sont fait assourdissants et j’ai perdu connaissance. Je me suis réveillé, vivant, en réa, avec un masque qui me diffusait de l’oxygène sous pression. Je me souviens d’avoir émergé, ne sachant plus du tout où j’étais, ni ce qui s’était passé. Les souvenirs sont revenus ensuite.

 

Une expérience presque banale, tant il y a des témoignages concordants de faits similaires. J’ai tout « simplement » vécu une « NDE » (Near Death Experiment ) comme des dizaines de milliers d’autres personne l’ont déjà rapporté.

 

Un phénomène curieux que beaucoup, et surtout des croyants, interprètent à leur manière comme une preuve de la réalité d’un « passage » dans l’ »au-delà », voire même une accréditation de l’existence de ce dernier. Rien n’est moins sûr : il est par contre très probable, et démontré scientifiquement avec des preuves à l’appui, qu’il s’agisse d’un phénomène normal, engendré par un processus de mort qui génère un état de bien-être et d’apaisement, causé notamment par la production d’endorphines qui « endorment » les centres nerveux. Cette explication (qui « tient la route » !) n’est peut-être pas juste et sera peut-être battue en brèche un jour. Mais cela ne signifierait en aucun cas qu’il n’y ait pas une autre explication qui le soit, explication scientifique s’entend, les autres hypothèses n’étant que suppositions générées par des croyances et donc grevées du poids du doute !

 

Personnellement, la seule et unique chose que je retiens, c’est que la mort, en elle-même, n’est qu’un processus vital, même si c’est le dernier, et qu’après, il n’y a rien. Dès lors, pourquoi nous inquièterions-nous de rien ? Occupons-nous de la vie, vivons l’instant présent, sans revenir sur le passé ni nous préoccuper de l’avenir : seul le moment présent est réel dans la mesure où il est le seul que nous soyons à même de percevoir (encore que, lorsque nous le percevons, il soit déjà passé, ne serait-ce que de manière infinitésimale !).

 

D’autre part, comme théologien, et comme fervent adepte de la phénoménologie des religions, force m’est de constater et de déduire que non seulement un concept humain de Dieu, élaboré même avec les meilleurs arguments ne saurait être que faux. Et par conséquent tout ce qui s’ensuit ne peut aussi qu’être erroné, d’autant qu’on perçoit fort bien dans la part mythique de toute religion le besoin naturel de l’homme de s’en référer à des miracles tels que l’incarnation, la conception virginale, le concept d’un Sauveur, l’espérance dans un au-delà ou une Résurrection, etc… Cette tendance naturelle de l’homme à opter pour le merveilleux est ancrée en lui depuis très longtemps, voire depuis toujours dans la mesure où c’est peut-être cela qui justifie sa particularité à être, contre l’ensemble du règne animal dont il est pourtant issu, un « être pensant », et pensant surtout à ses origines et au sens de son existence !

 

Pour moi cette faculté est la trace d’un apparentement à cette force vitale dont j’ai parlé plus haut et sur laquelle aujourd’hui je ne saurais mettre de nom, pas plus que je ne saurais ni ne pourrais lui attribuer de sentiment humains, fussent-ils considérés comme « parfaits » !

 

La seule et unique spiritualité qui « cadre » avec cette conception à la fois « athée » d’une Force Vitale et plaçant le Néant comme origine et fin[2] de toute chose, c’est le Bouddhisme !

 

Aujourd’hui, je découvre le bouddhisme et les courants de pensée qui s’y rattachent en convergeant vers cette sérénité de l’esprit et cette libération des angoisses dont tout homme a tant besoin. Et au vu de ce que je ressens, devant les perspectives qui s’ouvrent devant moi, je perçois cette découverte comme un cadeau de la vie, qu’il me faut saisir à pleines mains pour pouvoir profiter pleinement de l’instant qui m’est donné, en en faisant profiter ceux et celles qui croisent mon chemin. Si je puis dire, sans revendication aucune que je ne crois plus en l’existence de Dieu telle qu’on me l’a inculquée, j’affirme qu’il ne saurait y avoir de hasard dans ces vies humaines qui sont pour un temps notre lot et par lesquelles nous pouvons apporter notre participation à l’harmonisation de l’Univers, notre vrai, seul et unique corps. Et je souhaite vraiment à chacune et chacun de pouvoir faire et vivre cette merveilleuse et extraordinaire expérience !

 

Jean-Marie Demarque

 

Théologien,

 

Psychothérapeute-Analyste

 

[1] L’insuffisance cardiaque gauche est la forme la plus grave de dégénérescence cardiaque et est considérée comme étant la phase terminale de toutes les maladies cardiaques. Elle ne laisse qu’une espérance de vie réduite. Seule une greffe cœur-poumons peut « guérir » le malade.

 

[2] Fin est à entendre ici dans son sens de finalité, de but, et non dans celui d’une finitude ou d’un terme définitif. Pour le Bouddhisme, l’anéantissement, le retour au néant marque la fin du Samsara (cycle des réincarnations ) et l’entrée dans le Nirvana, laquelle peut déjà se vivre comme plénitude de paix dans l’hic et nunc de notre quotidien !

Par Jean-Marie Demarque - Communauté : Connaissance de soi
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Mercredi 19 mai 2010 3 19 /05 /Mai /2010 21:17

S’il est une fonction vitale que nous négligeons et qui, du reste est particulièrement malmenée chez l’homme moderne contraint à vivre dans une atmosphère dégradée, c’est bien notre respiration. Et même ceux qui devraient pouvoir nous apprendre à mieux la gérer et l’utiliser sont, généralement dans un faux soigneusement mis en place et solidement enraciné par des décennies d’idées reçues en la matière.

 

Pour tenter d’y voir plus clair, commençons par poser les données du problèmes avec quelques chiffres simples et élémentaires :

 

La capacité respiratoire moyenne de l’être humain adulte est d’environ cinq litres. Le volume résiduel d’air dans les poumons d’un cadavre étant d’approximativement un litre et demi, on peut déduire que nous utilisons pratiquement plus ou moins trois litres et demi de cette capacité.

 

A dire vrai, si c’était le cas, nous irions beaucoup mieux. Hélas, la réalité est pour nous occidentaux en tous cas, très différente puisqu’il est avéré que, pour la plupart, nous n’utilisons que le dixième de notre capacité respiratoire totale, soit à peine un demi-litre ! Pour pallier à cela, nos professeurs d’éducation physique nous enseignent, dès notre plus jeune âge, à développer notre respiration thoracique… au risque de faire de nous des adultes rigides et quelque peu engoncés !

 

 

Un premier risque aux conséquences désastreuses :

 

Lorsque, pour une raison quelconque, lors d’un effort physique inhabituel, notre organisme se trouve sollicité plus que la normale, il lui faut de l’oxygène en plus grande quantité. Et pour le lui fournir, nous allons avoir la fâcheuse tendance de respirer par la bouche. Un réflexe qui, s’il devient permanent, est pathologique et générateur de multiples problèmes infectieux, lesquels peuvent avoir, à terme, des conséquences graves, sinon funestes. L’air inspiré par la bouche n’est plus filtré par les vibrisses nasales, il n’est plus thermo régulé par la surface importante des cornets nasaux, et le mucus nasal ne peut plus « piéger » les particules de poussières qui auraient échappé au filtrage des vibrisses. C’est un peu comme si nous ôtions le filtre à air d’un moteur à explosion : celui-ci s’userait prématurément.

Les conséquences d’une mauvaise respiration, hormis ce risque infectieux, sont multiples et inquiétantes :

 

· Diminution de l’apport en oxygène, et donc diminution de notre capacité de concentration et de notre mémoire.

 

· Diminution des capacités et aptitudes générales du cerveau et de l’utilisation des neurones.

 

· Baisse de la résistance générale.

 

· Sensibilité accrue aux refroidissements et aux troubles fonctionnels.

Mais ce n’est pas tout !

 

Le bulbe olfactif est l’organe de notre système nerveux central qui est le plus proche d’une communication avec l’extérieur : il n’en est séparé que par la muqueuse de la voûte nasale et par la fine lame osseuse percée de trou de l’ethmoïde, ainsi que par les méninges… Ajoutons à ceci qu’un réseau nerveux des plus importants court directement sous les muqueuses nasales. (Notamment le trijumeau et le cinquième nerf crânien.)

 

Cette innervation des muqueuses nasales joue un rôle primordial dans la genèse de toute une série de réflexes essentiels au niveau du cerveau et du corps en général. Le trijumeau est centralisé dans le ganglion de Gasser et est en relation directe avec ce dernier et les onze paires d’autres nerfs crâniens ! Parmi eux, le nerf pneumogastrique, qui joue un rôle majeur dans toutes les fonctions abdominales digestives.

 

Autant d’éléments et de renseignements anatomiques qui pointent du doigt l’importance d’une bonne respiration pour l’équilibre général, éléments qui, de plus en plus nous paraissent familiers, tant les sciences médicales ont aujourd’hui tendances à se vulgariser. Et c’est heureux ! Mais ces dernières ne sont pas tout, pas plus qu’elles ne sont d’ailleurs ni exactes ni absolues, n’en déplaise à certains qui voudraient parfois s’en réserver l’exclusivité !

 

D’autres visions de l’homme, plus « holistiques » ont cours dans d’autres modes de pensée, en des terroirs qui ont, différemment sans doute, mais tout aussi certainement qu’en Occident, fait leurs preuves dans le domaine médical. Je pense ici au savoir important recensé dans l’Ayurveda, la médecine indienne, et à cette notion curieuse mais probante de l’existence du « Prâna ».

 

 

Qu’est-ce que le « Prâna » ?

 

 

 

C’est, en quelque sorte, l’énergie vitale. Comme tel, c’est un principe abstrait, présent dans l’air que nous respirons et dans la nourriture que nous ingérons. Or, le « Prâna » de l’air ne peut, selon les préceptes de l’Ayurveda, ne peut pénétrer le corps qu’en passant par le nez. Ce n’est pas si abstrait que cela en a l’air, et c’est, de plus, facilement démontrable et vérifiable. Promenez-vous, après une pluie de printemps, dans un bois. Respirant à plein nez, nous ressentirons une impression de bien-être, de sérénité, de plénitude ou d’apaisement. Si, pour en profiter plus, nous nous mettons à inspirer par la bouche, plus rien ne se passe sur ce plan : l’olfaction ayant disparu, les sentiments forts et agréables que nous éprouvions se sont, eux aussi, envolés !

 

Il y a donc bien quelque chose de « fort » qui se passe par le truchement de la respiration nasale. Du reste, nous avons toutes et tous fait l’expérience du simple rhume qui nous trouve rapidement abattus et sans entrain, par le fait de nos narines bouchées ! Et nous savons aussi que cet abattement est la porte ouverte à une foule de manifestations psychosomatiques : fatigue, perte de concentration, lassitude, déprime…

 

Sans entrer dans d’autres considérations pus complexes ou plus techniques, on peut facilement déduire de tous ces éléments que notre mode respiratoire habituel d’Occidentaux est une véritable catastrophe pour notre évolution psychosomatique. Une mauvaise respiration, ou une respiration insuffisante sont à la source de bien des maux, parfois très graves, tant sur le plan de notre santé physique que sur celui de notre santé mentale. Les deux sont inéluctablement liés et leur équilibre est tributaire autant de notre respiration que de notre alimentation, vectrices inconditionnelles de la circulation du « Prâna » en nous.

 

 

Nos trois étages respiratoires :

 

 

 

Notre respiration est structurée en trois zones :

 

· La zone « basse », diaphragmatique.

 

· La zone « moyenne », thoracique.

 

· La zone « haute », scapulaire.

 

La femme utilise l’étage supérieur le jour, et le moyen la nuit. L’homme, lui, respire presque exclusivement par l’étage moyen. Dans les deux cas, l’étage inférieur, diaphragmatique, est le plus souvent négligé. Or, c’est à bien des égards l’étage le plus important !

 

Par son action, le diaphragme, en s’élevant et en s’abaissant, effectue un massage constant des viscères : intestins, foie, pancréas, rate, reins et, chez la femme, organes génitaux internes. Ce faisant, il contribue à leur bon fonctionnement.

 

Une respiration abdominale contribuera à éviter toutes sortes de désagréments tels que la constipation chronique de laquelle résulte une auto-intoxication de l’organisme qui vient s’ajouter à une mauvaise oxygénation de ce dernier. Il nous faut donc apprendre à respirer par le ventre !

 

Evidemment, ceci va à l’encontre à la fois des préceptes hygiénistes habituels qui nous incitent à « bomber le torse », et des « canons » esthétiques modernes qui voudraient à tout prix voir s’effacer notre ventre.

 

Un tribut qui est lourd à payer, en particulier pour les femmes : s’essayant par tous les moyens de faire disparaître leurs rondeurs abdominales, elles favorisent sans le savoir ni le vouloir l’apparition de maux tels que les troubles abdominaux chroniques, les stases veineuses, les troubles circulatoires (varices !), les règles douloureuses, etc… Pis encore, le port d’un soutien-gorge entrave la respiration thoracique le jour, ce qui ne leur laisse plus guère que le troisième étage, celui de la respiration scapulaire !

Enfin, un domaine à ne pas négliger est celui des vêtements.

 

Un sixième de notre respiration s’effectue par la peau. On comprendra d’emblée que le port de vêtement serrés, taillés dans des matières synthétiques comme le polyester ou le nylon constitue une entrave supplémentaire à une bonne oxygénation de notre organisme.

 

Sans compter que toutes ces entraves, volontaires ou non (sacrifice aux canons de la mode, respiration inappropriée, mauvaise oxygénation générale) constituent souvent autant de facteurs de stress supplémentaires, entretenant le cercle vicieux au sein duquel l’humain occidental moderne se trouve prisonnier.

 

Si nous voulons vraiment nous libérer et nous sentir mieux dans notre corps, nous devons absolument nous affranchir des dictats de la mode et des idées reçues pour réapprendre à respirer et redécouvrir un mode de vie qui soit, dans tous les domaines, équilibré. Ce faisant, nous accumulerons l’énergie vitale et deviendrons vite plus résistants aux infections et maladies, en même temps que notre santé mentale connaîtra une significative amélioration.

 

Il existe aujourd’hui une profusion d’ouvrages traitant des différentes méthodes de relaxation qui s’offrent à nous et qui, pour la plupart, font avant tout appel à une meilleure gestion de la respiration, passant par une ventilation abdominale. Ce serait vraiment passer à côté d’un trésor de vie que de se priver de leur enseignement qui a en outre, le mérite immense d’être écologique et…économique : pas d’investissement nécessaire dans un matériel sophistiqué ou coûteux . La nature nous a à cet effet doté de la plus haute technologie qui soit : celle qui régit le fonctionnement de notre corps et de notre mental ! Apprenons à utiliser les énormes capacités de cette merveilleuse machine que nous sommes !

 

Jean-Marie Demarque

 

Psychothérapeute-Analyste

 

 

Par Jean-Marie Demarque - Publié dans : SANTE ET NATURE - Communauté : Bien-être
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