Le bonheur est dans le pré : le tien, pas la prairie d'à côté!

Publié le par Jean-Marie Demarque

 

 

Qu’est-ce que le bonheur ?

 

Je m’en réfèrerai tout d’abord à la définition qu’en donne le « Littré »[2] :

 

BONHEUR [bo-neur ; Ménage remarque que dans les provinces on prononçait bonhur ; ce qu'il condamne ; cette prononciation existe encore dans les provinces du Midi ; elle est tout à fait à rejeter] s. m.

 1°  Événement heureux ; chance favorable. ♦ Il a eu le bonheur que l'âge ne l'a point miné lentement et ne lui a point fait une longue et languissante vieillesse, FONTEN., Lahire. ♦ Le bonheur peut conduire à la grandeur suprême, CORN., Cinna, II, 1 ♦ Puisqu'il tient à bonheur d'être l'un de nous deux, CORN., Rod. IV, 1 ♦ J'ai craint un ennemi, mon bonheur me le livre, CORN., Héracl. IV, 4

Succès. Le bonheur des armes françaises.

Dans ce sens il s'emploie aussi au pluriel. ♦ Il lui pourrait arriver tous les malheurs et tous les bonheurs du monde, VAUGELAS, Remarques. ♦ Depuis un certain temps il lui est arrivé des bonheurs de toutes sortes, TH. CORN., Remarques. ♦ Il est toujours égal au milieu de tous les malheurs et de tous les bonheurs du monde, CHIFFLET, Grammaire, p. 35 ♦ De combien de petits bonheurs l'homme du monde n'est-il pas entouré !, MARIVAUX, dans LAVEAUX

Porter bonheur, annoncer, procurer bonne chance. ♦ J'avais fait venir M. Bailli pour me porter bonheur, SÉV., 531

Avoir du bonheur, être favorisé par le hasard.

Jouer avec bonheur, être en bonheur, avoir la chance au jeu ; et figurément, jouer de bonheur, réussir contre toute espérance.

Familièrement. Au petit bonheur ! Arrive ce qu'il pourra !

Par bonheur, par bonne chance. ♦ Un voyageur Qui s'était muni par bonheur Contre les mauvais temps...., LA FONT., Fabl. VI, 3

De bonheur, se dit dans le même sens. ♦ De bonheur pour elle, ces gens partirent presque aussitôt, LA FONT., Psyché, II, p. 118

 2°  État heureux, état de pleine satisfaction et de jouissance. Le comble du bonheur. Il n'est pas de plus grand bonheur. Après avoir joui d'un bonheur constant. La vertu fait le bonheur. ♦ Le bonheur des méchants comme un torrent s'écoule, RAC., Athal. II, 7 ♦ Je faisais le bonheur d'un héros tel que vous, RAC., Mithr. IV, 4 ♦ .... Le sort, qui toujours change, Ne vous a pas promis un bonheur sans mélange, RAC., Iph. I, 1 ♦ Le bonheur a cela de la mer et du flux Qu'il doit diminuer sitôt qu'il ne croît plus, MAIRET, Sophon. IV, 1 ♦ Dieux puissants qui veillez au bonheur de la terre, BRÉBEUF, Phars. VII ♦ Le roi qui fait le bonheur de tant de peuples, FÉN., Tél. II ♦ Je ferai votre bonheur, pourvu que vous sachiez en jouir, FÉN., Tél. I ♦ Près du bonheur extrême est l'extrême infortune, M. J. CHÉ., Oedipe roi, V, 4 ♦ Dans le cours de nos ans, étroit et court passage, Si le bonheur qu'on cherche est le prix du vrai sage, Qui pourra me donner ce trésor précieux ?, VOLT., 2e Discours. ♦ Mais quel bonheur honteux, cruel, empoisonné...., VOLT., Orphel. III, 4 ♦ Que sont ces biens peu sûrs, près des plaisirs du coeur ? Tout l'univers vaut-il un instant de bonheur ?, GILBERT, Didon à Énée. ♦ Le vois-tu bien, là-bas, là-bas, Là-bas, là-bas ? dit l'espérance ; Bourgeois, manants, rois et prélats Lui font de loin la révérence ; C'est le bonheur, dit l'espérance, BÉRANG., Bonheur. ♦ Car Dieu mit ces degrés aux fortunes humaines ; Les uns vont tout courbés sous le fardeau des peines ; Au banquet du bonheur bien peu sont conviés, V. HUGO, F. d'automne, 32 Le bonheur éternel, la félicité des élus.

 3°  Le bonheur de, avec un infinitif, c'est-à-dire la satisfaction intime, le bonheur. Il a eu le bonheur de conserver longtemps sa mère. ♦ Toutes deux d'une si heureuse constitution, qu'elles semblaient nous promettre le bonheur de les conserver un siècle entier, BOSSUET, Marie-Thér. ♦ Le bonheur de lui plaire est le seul où j'aspire, RAC., Brit. III, 8

Avoir le bonheur de, formule de civilité. Depuis que j'ai eu le bonheur de vous voir.

 4°  Bonheur du jour, sorte de petit meuble où l'on serre les papiers et les petits objets auxquels on tient. ♦ Parfois cependant il range à sa manière ; ce matin, par exemple, il a ouvert le bonheur du jour, et vidé les tiroirs, Mme REYBAUD, dans Rev. des deux mondes, 1er juillet 1859, p. 14

SYNONYME :

1. BONHEUR, FÉLICITÉ, BÉATITUDE. Bonheur veut dire proprement bonne chance, et, par conséquent, il exprime l'ensemble des circonstances, des conditions favorables qui font que nous sommes bien. Il a donc un caractère extérieur, objectif, qui en fait la nuance avec félicité. La félicité n'est point liée à ces conditions du dehors ; elle est plus propre à l'âme même ; aussi on ne dira pas : la félicité que les richesses procurent ; mais on dira : le bonheur qu'elles procurent. La béatitude, qui est du style mystique, est la félicité destinée, dans une autre vie, à ceux qui auront pratiqué la vertu dans celle-ci.

2. BONHEUR, CHANCE., Ce qui distingue ces deux mots, c'est que chance est tout à fait indéterminé, et que bonheur ne l'est pas. Le bonheur est la bonne chance ; tandis que la chance peut être aussi bien mauvaise que bonne.

HISTORIQUE :

XIIe s. ♦ Et j'atendrai.... Joie d'amour, se bon eür m'i maine, Couci, XIV

XIIIe s. ♦ [Que] Dame Diex par sa grace lui renvoit bon eür, Berte, XLI ♦ Et miex vient de bon eür nestre, Qu'estre de bons [riches], c'est dit pieça, Lai de l'ombre

XVe s. ♦ Et prioit moult gracieusement que chacun se peinast de bien faire la besogne et garder son bonheur, FROISS., I, I, 41

XVIe s. ♦ Paoures humains, qui bon heur attendez, RAB., Garg. I, 58 ♦ Si en allant en quelque voyage ils rencontrent une de ces bestes, ils le reputent de bon-heur, PARÉ, XXIII, 27 ♦ Le pays à qui je dois Le bon-heur de ma naissance, RONS., 431

ÉTYMOLOGIE :

Bon et heur. L'étymologie, appuyée en cela par la synonymie, montre que le sens propre et primitif est bonne chance, et que le sens qui se rapproche de félicité est secondaire.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

BONHEUR. - HIST.

XVIe s. Ajoutez : ♦ M'egarant par les champs, du bon-heur adressé, Je decouvre à mes pieds un jouvenceau blessé, DESPORTES, Roland furieux.

 

Difficile de trouver plus complet que cela ! Et pourtant nous pouvons déjà y constater un fait : dans le chef de l’homme le bonheur est souvent associé à la chance, à la réussite et cette dernière à l’argent, aux biens matériels où à la position sociale.

C’est tellement vrai qu’un grand logiciel de traitement de texte livre, lorsqu’on fait appel à ses « cliparts », une multitude de ces derniers représentant des trèfles à quatre feuilles, des billets de loterie ou de banque !

 

Littré le souligne très clairement : « Le sens propre et primitif est bonne chance, et le sens qui se rapproche de félicité est secondaire ».

 

Or, dans les faits, le vrai bonheur ne tient pas (pas du tout !) à cela, et, contrairement à une idée largement répandue, non seulement l’argent ne fait pas le bonheur mais il n’y contribue pas non plus, du moins pas de manière absolue ou indispensable. Le vrai bonheur réside plutôt dans la maxime épicurienne « carpe diem [3]», soulignée magistralement dans un film qui « date » déjà un peu : « le cercle des poètes disparus ».

 

 

 


Je suis un homme heureux !

 

Pleinement heureux, tellement que parfois, aujourd’hui, j’ai envie de le dire, de le crier sur les toits, de le partager, de vous le partager ! Et tant pis pour ceux qui me prendront pour un « doux dingue[4] ».

Cela semblera peut-être paradoxal à ceux qui croient connaître certains pans de mon existence : il est vrai que j’ai traversé des moments difficiles, (et sans-doute en traverserai-je encore) et surtout que j’en ai fait parfois sinon souvent fait subir, volontairement ou nom, les conséquences à d’autres. Même si, globalement, on peut à ce propos me trouver des « circonstances atténuantes », ces dernières ne sont jamais des excuses.

 

Mais l’objet de cette plaquette ne porte pas là dessus : il s’agit de vous livrer des « recettes » toutes simples, celles du « vrai » bonheur…

 

Il y a quelques mois, j’étais devenu une épave, rongée par l’alcool. Et j’ai coulé par le fond… J’en étais victime et j’en éprouvais une culpabilité et un dégoût de moi-même tels que j’ai, à plusieurs reprises – et nombreuses furent celles dont personne ne put ni ne sut être témoin- de mettre un point final à une existence qui m’était devenue insupportable.

 

Aujourd’hui, l’épave est renflouée et surtout réarmée. Elle navigue sur la haute mer de la vie, prête à en affronter sereinement les inévitables tempêtes, prête aussi à « donner de l’étrave » dans les glaces qui tenteraient de la stopper, pour s’y forcer un chenal ! Et ceci même si elle ne se croit pas insubmersible comme le « Titanic » : un « raté » est toujours possible, et j’en suis parfaitement conscient. La preuve en est que je connais personnellement des cas de « pros » de la santé ou de la santé mentale (médecin pédiatre, médecin psychiatre, pasteur[5] ! ) qui sont passés à l’acte définitif du suicide[6] !


Tout simplement : Quelques recettes :

 

J’ai opté aujourd’hui résolument pour un rythme de vie qui soit le plus sain possible.

 

En principe[7] je suis levé et actif dès sept heures du matin. Je me couche vers minuit et je lis pendant une bonne heure. Cette lecture peut être « sérieuse » (ouvrages spécialisés sur des sujets que je veux creuser, revues ou journaux d’info, cours…) ou plus « futile » (BD en tous genre avec une prédilection pour les auteurs de la « Ligne Claire » comme Hergé, Jacobs , Franquin ou Peyo).

 

Avant de m’endormir, je fais un bref récapitulatif mental de ma journée. (Dans le temps on appelait parfois cela un « examen de conscience »). J’évalue aussi, anticipativement ce que sera ma journée du lendemain, si je m’en tiens à mes prévisions qui ne sont jamais un absolu dont je deviendrais l’esclave, ni une sorte de « toc [8]» qui s’insinuerait dans mon subconscient. Et comme je crois en Dieu, je le remercie de ma journée passée et lui confie ma nuit et le jour à venir.

 

Je m’intéresse à beaucoup de choses dans la mesure où elles me construisent, m’apportent des « plus » et me servent ou servent d’autres personnes dans le simple  quotidien.

 

Je suis pleinement conscient de vivre en tant que corps et en tant qu’esprit. Ce constat m’est chaque jour une source d’émerveillement, comme l’est la contemplation de la nature et celle de la création entière.

 

Je bois énormément…d’eau ! Je ne bois absolument plus d’alcool sous quelque forme que ce soit (sauf dans la vinaigrette !), j’ai aussi totalement et définitivement cessé de fumer et j’en constate chaque jours les bienfaits toujours plus grands et étonnants. Si je fais bien entendu appel à la médecine dite classique pour me soigner, je m’intéresse aussi de très près à des médecines dites parallèles qui peuvent s’avérer complémentaire, voire aussi, sinon plus efficace dans certains cas. Je pense, par exemple à l’aromathérapie[9].

 

Je fais beaucoup de marche à pieds et de vélo. (Sans doute parce que je suis actuellement sans voiture, ce qui ne m’est nullement un handicap : lorsque j’en aurai une à nouveau, je ne l’utiliserai qu’en cas de réel besoin et je continuerai à user de mes jambes. Si ma jument n’était pas décédée l’an dernier, je la remonterais volontiers ! Je préfère passer pour un original, quitte à faire rire, que de verser dans la conformité ou la banalité, source inépuisable de ressentiments , de frustrations et de morosité.)

 

Je suis conscient de ce que mon espérance de vie restante pourrait être assez courte[10], ce pourquoi je savoure pleinement chaque instant.

 

Je mange de tout, mais à heures fixes. J’évite le plus possible le grignotage. Je suis aussi capable, si je l’ai décidé, de jeuner au moins 24 heures.

 

J’ai appris que l’autre était toujours « premier » : je m’efforce d’en tenir compte le plus possible et je m’y intéresse.

 

L’opinion que l’on peut avoir de moi ne me touche pas, dans la mesure où mon vécu est conforme à ma conscience.

 

J’ai appris aussi que l’agressivité était une défense souvent inadaptée, même si elle tentait de répondre à une attaque bien réelle où à une injustice. Je m’efforce donc de me dominer et de conserver mon calme en toute situation.

Ce qui ne signifie nullement que j’opte pour un profil bas : je dis et j’exprime mon désaccord si c’est nécessaire.

Mais je sais aussi maintenant, que celui qui m’agresse ne s’en prend pas à ma personne mais à un ou des aspects qu’il imagine en percevoir. Cela me permet de prendre un recul psychologique nécessaire pour conserver mon calme et envisager mon agresseur comme une « victime », et donc un être à accueillir avec bienveillance. Ceci dit, cette manière de voir  n’engage que ma personne, et il est évident que je suis tout à fait en mesure de me défendre et surtout de défendre les miens en cas d’agression : dans ce cas, il s’agit, stricto sensu de « légitime défense ».

 

Aucun être humain quel qu’il soit de par ses diplômes ou sa « position sociale » ne m’impressionne dans la mesure où il n’est, fondamentalement, qu’un humain comme moi, avec ses failles et ses limites.

 

Je ne supporte ni l’injustice, ni le mensonge, ni surtout les « passe-droits » de quelque ordre qu’ils soient.

 

Je suis particulièrement sensible à la souffrance et je fais tout mon possible pour la combattre.

 

Je bénis le Seigneur chaque matin, très simplement, parce qu’il met devant moi une nouvelle journée.

 

Je suis serein face à l’idée de ma propre mort, qui surviendra forcément un jour.

 

J’envisage les possibilités d’atténuer ce jour là la peine des miens, et, dans la mesure du possible, d’être encore utile. Le don de mes organes et de mon corps à la science est devenu pour moi et mes proches une évidence qui contribue à ma sérénité.

 

Je ne suis ni un saint ni un parfait. Je suis pleinement conscient de mes failles et de mes limites, ce qui ne m’empêche pas de tenter de les combattre, ni de m’efforcer de m’améliorer. Tout échec peut s’avérer une victoire dès lors qu’il n’est pas subit mais qu’il est objectivement analysé !

 

Je n’ai pas l’apanage du bonheur : pour plagier une certaine publicité actuelle j’affirme « qu’il est à tout le monde » et surtout que chacun y a droit. J’affirme aussi qu’il est à la portée de tous et ne réside ni dans la « chance », ni dans l’argent, ni dans la possession de biens, ni dans la reconnaissance, ni dans le pouvoir si ce n’est celui que l’on doit exercer sur soi-même.

 

 

Certains diront : « tout cela est fort joli, mais cela demande du temps ! »  C’est exact, et ce sera l’objet du paragraphe suivant.

 

Auparavant, une toute dernière chose, en guise de conclusion de ce premier paragraphe :

 

A l’heure où j’écris ces lignes, je suis Pasteur. Mais comme le soulignait très justement un de mes confrères lors d’une réunion de « pastorale » à Bruxelles, « Je ne me définis pas comme tel !» Il s’agit pour moi d’un Ministère (littéralement un service) qui relève d’une vocation personnelle. Académiquement parlant je suis théologien. Mais ontologiquement, je me définis d’abord et avant tout comme un humain, avec les mêmes capacités et les mêmes limites que celles qui sont inhérentes à cette nature, et, partant de là, comme un citoyen jouissant des mêmes droits et devoirs que n’importe quel citoyen de mon pays.


A l'heure à laquelle je publie ces lignes, je le fais aussi en tant que psychothérapeute, convaincu qu'elles pourront apporter un regain de courage et de joie à quiconque en a besoin.
 

Dans ces quelques pages, je livre volontairement quelques « volets » de la sphère privée de mon existence, dans la mesure où je crois que cela peut aider d’autres personnes dans leur « quête du bonheur » .

Mais je considère que, dans son ensemble, ma vie privée est absolument sacrée et que quiconque, en dehors d’un thérapeute, et pour des raisons clairement définies par lui et acceptées par moi, tenterait d’y pénétrer s’exposerait inéluctablement à affronter les moyens que la Loi met, en ce domaine, à ma disposition de citoyen belge. Ceci est encore plus vrai et absolu en ce qui concerne la protection de la vie (physique, psychologique et privée) de mes proches.



[1] P.E. : « je ne sers à rien », « ma vie n’a pas de sens », « je suis inutile, de trop »… Autant d’appels discrets à ne jamais négliger. D’autre part, les « TS » (une centaine PAR JOUR en Belgique !) sont toujours alarmantes : elles ne sont jamais anodines, finissent presque toujours par aboutir (parfois par « accident !) et ne sont jamais, contre des idées couramment reçues, des « comédies » ! Il est aussi tout à fait faux de croire et criminel de dire que ceux qui parlent de suicide ne passent jamais à l’acte. Il est tout aussi vain de s’imaginer que l’on est totalement et définitivement à l’abri de ce risque ! Tous les humains sont concernés.

[2] : Définition tirée d’un logiciel gratuit (gratuiciel) librement diffusé sur le Net à l’adresse suivante : titcouille.mandriva@gmail.com . En envoyant un mail à l’auteur, vous recevrez en retour l'édition électronique complète de ce monument de la langue Française qu’est le « grand Littré », dans sa version intégrale !

 

[3] Littéralement : « saisis le jour », c’est à dire « profite de l’instant présent ».

[4] Ou pire que cela ! Je sais que chez certains prétendus « proches », les commentaires vont bon train. J’espère , sans doute un peu naïvement, que cet opuscule y mettra un certain terme, partant du fait connu et commun que, moins les gens savent, plus ils brodent et inventent !

[5] : Je me permets de classer les Pasteurs (du moins ceux qui ont suivi un cursus universitaire) parmi les professionnels de la santé mentale, dans la mesure où ils sont appelés à pratiquer une forme d’analyse sur des « patients » qui se confient parfois à eux en leur livrant de lourds secrets. C’est ce que dans le métier nous appelons parfois encore du terme désuet de « cure d’âme », qui est très différent de la « confession » (aujourd’hui appelée « sacrement de réconciliation) chez les catholiques, dans la mesure où elle est souvent plus spontanée et va souvent beaucoup plus loin, avec les conséquences possibles pour le psychisme du thérapeute lui-même, surtout si pour des raisons personnelles, il se trouve à ce moment fragilisé ! Je pense que tout ce qui gravite autour de la psychothérapie relève du « métier à risque », tant pour le patient que pour le praticien .

[6] : ne cherchez pas à « mettre des noms ou des visages » sur ces cas anonymes : vous perdriez votre temps. S’il s’agit effectivement de gens qui ont fait partie de mon cercle relationnel à un moment de mon existence, ce n’est ni dans une région proche, ni même nécessairement en Belgique.

[7] Je ne me prends pas pour « superman », et il m’arrive parfois d’être plus fatigué ou de subir les contrecoups d’un « coup de pompe ». Je n’éprouve alors aucun complexe à déroger à mon timing, en allant me coucher plus tôt, et en me laissant dormir tout mon soûl, même si c’est jusqu’à midi ! Mais c’est très exceptionnel.

[8] « Trouble Obsessionnel Compulsif ». En clair, et pour faire court, il s’agit d’une attitude maniaque qui s’installe en nous à notre insu pour pallier à une angoisse et à ses conséquences. Un des « tocs » les plus fréquemment observés est celui du lavement des mains, ou l’obsession excessive de la propreté. Il en est d’autres, fréquents, qui ne sont pas pathologiques, voire qui sont passés dans le quotidien dit normal : ainsi, le chiffre « 13 », qui est très souvent sensé porter malheur ne figurera jamais dans une rangée de fauteuils d’avion, ni comme N° de chambre dans un hôtel ! Idem pour les gens qui évitent de passer sous une échelle ! Le « Toc » n’est pathologique que lorsqu’il devient invalidant.

[9] ATTENTION ! il ne s’agit absolument pas d’une « médecine douce » comme on la présente parfois. Outre le fait qu’un diagnostic ne peut et ne saurait être posé que par un docteur en médecine, il ne s’agit pas non plus de faire n’importe quoi. Certaines huiles essentielles peuvent être dangereuses, voire mortelles !

[10] J’ai subi, le 12 mars 2008, une décompensation cardiaque, assortie d’un œdème pulmonaire aigu des poumons. Une conséquence partielle d’une insuffisance cardiaque du cœur gauche (la plus grave) et un tableau clinique qui débouche presque à 100% sur un diagnostic de mort. Un état général dû à une mauvaise hygiène de vie (alcool, tabac, abus de graisses, absence de sport) consécutive à une situation psychologique défaillante, engendrée par un deuil brutal et particulièrement inacceptable et injuste, le décès de notre fils Gaël, le 04 mars 2004, « parti » brusquement à vingt ans, des suites évidentes (confirmées par une première autopsie) de l’ingestion à doses thérapeutiques prescrites de produits prescrits par un praticien imbécile et criminel. Si ma propre « dégringolade » bénéficie donc bien d’une circonstance atténuante, ce n’est pas, comme je le souligne plus haut , une excuse. Le premier cardiologue qui m’a examiné à la clinique a été on ne peut plus brutal. Sur le moment, je lui en ai voulu, mais aujourd’hui je le comprends, même si j’espère qu’il ne se comporte pas toujours ainsi. Il m’a carrément tenu ces propos : « votre cœur est foutu, et même si vous vous en sortez, ce ne sera pas pour longtemps » des propos repris de manière beaucoup plus tempérée par mon médecin traitant qui a avoué n’avoir connu, en vingt ans de carrière qu’un cas de survie dans un tel tableau clinique et qui cherche à me rassurer en me disant qu’avec une bonne hygiène de vie je peux encore espérer avoir une bonne dizaine d’années devant moi. Personnellement, je sais que mes jours sont comptés (d’ailleurs c’est vrai pour chacun de nous !) et l’idée de ma propre mort, si elle ne me laisse évidemment pas indifférent, ne m’impressionne pas, pas plus qu’elle ne m’obsède ni ne m’inquiète. Ce qui ne veut pas dire que, au « moment ultime », je ne serai pas saisi d’une angoisse toute animale et naturelle ! j’ajouterai – et je crois que c’est très important- que cette sérénité que j’éprouve ne dépend pas de mes convictions religieuses, mais s’enracine dans une philosophie générale, relevant d’un état d’esprit profond.

Publié dans Réflexions Psy

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yal 26/01/2009 23:09

On peut bien sûr abonder facilement dans votre sens, compte-tenu que le bonheur se fait par le choix judicieux de priorités essentielles.
Une incompréhention toutefois : Pourquoi les personnes en quête de bonheur sont-elles si nombreuses à avoir ce besoin de foi pour y accéder??
En tout cas, bonne continuation dans votre gros travail analytique!

Jean-Marie Demarque 27/01/2009 19:56


Bonjour Yal, Superbes, les rougets, et les autres aquarelles aussi d'ailleurs!Vous avez une sacrée technique et une sacrée "patte" (-que je vous envie, parce que vous touchez à un de mes jardins
secrets...) Mais ce n'est pas le sujet de mon commentaire : je désire plutôt répondre à celui que vous avez laissé sur mon site... Votre question m'interpelle et je voudrais pouvoir tenter d'y
répondre au mieux. Je suppose que vous parlez de la question de la foi : je ne pense pas qu'elle puisse être vraiment l'objet d'une quête, mais plutôt celui d'un approfondissement. Que les gens
cherchent le bonheur, c'est une évidence, et qu'ils soient nombreux à le faire, c'en est une tout autant. Mais je suis convaincu que ce bonheur se trouve en nous, sans doute aussi dans la foi, que
je classerai dans la grande catégorie des "modus vivendi" et qui est aussi, sous une forme parfois inattendue, en chacun de nous. C'est pour cela que je respecte toutes les "fois", pour autant
qu'elles soient sincères, ouvertes et tolérantes. Un dernier mot : merci pour votre encouragement pour ma rédaction psy! Cela me fait plaisir d'autant que je suis loin, sur ce plan, d'être au bout
de mes peines (et de mes joies!) Bien cordialement, Jean-Marie Demarque Psychothérapeute .
(P.S. désolé si cette réponse apparaît deux fois, je ne suis encore qu'un piètre débutant en matière de "blogs" et je suis parfois un peu dépassé par la technique... J'en profite cependant pour
ajouter un détail que je n'avais pas dit dans ma première réponse : ma femme et moi, lors d'un voyage de fin d'humanités en Bretagne sommes tombés amoureux du pays. Et nous nous sommes jurés de
donner un prénom breton à notre premier enfant. Ce qui fut fait : c'était un garçon et nous l'avons prénommé "Gaël". C'est lui que j'évoque dans la partie "perso" de ma thèse sur le suicide. Il
avait 20 ans, c'était un artiste comme vous, et il avait -comme vous- une sacrée "patte"!)