Des questions bien légitimes !

Publié le par Jean-Marie Demarque

 

Vous vous posez sans doute bien des questions, ce qui est non seulement un droit mais un trait essentiel de votre humanité.

Sachant, par ailleurs, que ces « questions » concernant la psychothérapie et la psychanalyse sont presque toujours les mêmes, oscillant entre les différences de termes, le coût ou l’utilité des séances, leur durée, celles liées à la confiance accordable ou non au praticien et à ses compétences, je me permets d’en emprunter les réponses, non dépourvues d’humour, et dans leurs grandes lignes, à un confrère parisien qui, je l’espère, ne m’en tiendra pas rigueur. Je les adaptes aussi, bien évidemment « à ma sauce », ma personnalité et surtout mon parcours différant des siens…

 

Quelle est la différence entre le psychiatre, le psychologue et le psychanalyste ?

 

Elle est radicale ; certes les trois s’occupent du psychisme, mais leurs manières d’envisager ce psychisme diffèrent radicalement.

 

  • Pour le psychiatre, qui est un médecin, le psychisme est essentiellement un corps (cerveau, neurones, nerfs, etc.). Il a donc appris (c’est en cela qu’a consisté son diplôme de médecine) à envisager et à traiter le psychisme d’une manière essentiellement chimique, c’est-à-dire avec des médicaments. Quels effets cela a-t-il ? Qu’un traitement chimique ait des effets sur le corps, y compris sur le psychisme, cela est indéniable. Il suffit de boire un verre d’alcool pour s’en persuader ! Pour autant, dès l’arrêt du traitement, les effets chimiques - tout comme ceux de l’alcool - se dissipent, et le psychisme retourne immédiatement à son état antérieur (voire à un état pire, c’est-à-dire à une sorte de gueule de bois médicamenteuse). En d’autres termes, les pulsions, les inhibitions, l’angoisse et les symptômes qui ont leurs racines profondes dans l’inconscient, peuvent certes être apaisées, mais pas réellement résolues par le médecin, fût-il psychiatre.
  • Le psychologue, quant à lui, a appris son métier à l’Université, dans une faculté de psychologie. Or la psychologie est depuis Platon et Aristote, puis Bergson et les nouvelles écoles de psychologie, une science de l’esprit : c’est-à-dire une science dérivée de la philosophie. En ce sens, l’inconscient n’y a pas sa place et le psychisme est essentiellement envisagé par le psychologue sous l’angle de la conscience. Or comme l’a depuis longtemps souligné Freud et la psychanalyse, la conscience raisonnée, fût-elle extrêmement compréhensive, n’a aucune emprise sur les rêves, les lapsus et les actes manqués, c’est-à-dire sur les formations de l’inconscient. Pour s’en rendre compte, on a tous fait l’expérience d’essayer de se raisonner par rapport à ses symptômes et on s’est tous au moins une fois, promis de ne plus s’abandonner à ses pulsions : ça marche un moment, puis très vite l’inconscient reprend le dessus sur le conscient. Là encore, les pulsions, les inhibitions, l’angoisse et les symptômes prenant leur source dans l’inconscient, peuvent certes être apaisées, mais ne peuvent pas être réellement traitées par le développement de l’esprit raisonné et de la conscience, même avec l’aide d’un psychologue.
  • Seul le psychanalyste est réellement formé à cette écoute, pour la simple raison que seule sa pratique est fondée sur l’expérience de l’inconscient, et ce, au travers de sa propre cure analytique : là, il a réellement expérimenté - non dans les livres, les magazines, ou par ouïe-dire -, la force des pulsions et des formations de l’inconscient : il les a écouté, puis entendu au travers de ses rêves, lapsus, actes manqués. Ce n’est qu’à ce prix que l’on peut réellement dénouer les inhibitions, les angoisses et les symptômes les plus profondément enfouis dans l’inconscient. C’est à ce prix que le psychanalyste peut réellement les entendre et les dénouer chez et avec d’autres patients.
  •  

Les séances sont-elles remboursées par la Mutuelle?

 

Non, les séances de psychanalyse ne sont pas remboursées , en aucun cas !

 

Pourquoi ? Eh bien d’abord, et tout simplement, parce que la Sécurité sociale, elle-même, l’interdit !

 

En conséquence, si vous trouvez un psychanalyste qui se dit « être remboursé par la Sécurité sociale », c’est qu’il est médecin (psychiatre ou généraliste) et qu’il fait passer son acte analytique comme un acte médical. C’est donc, premièrement, qu’il se ment à lui-même (il n’est pas, en vérité, psychanalyste, puisqu’il refuse d’assumer les conséquences de son acte), deuxièmement qu’il ment à la Sécurité sociale (certes pour que vous puissiez vous faire rembourser), mais troisièmement et surtout, qu’il vous ment à vous, puisqu’il vous fait soutenir ce mensonge.

 

Dans ce cas votre psychanalyse - si toutefois psychanalyse il y a vraiment - est très mal partie ! En tout cas, ce n’est pas de cette oreille que j’entends la pratiquer.

 

Quel est le prix des séances que vous pratiquez ?

 

Le prix des séances de psychanalyse est adaptable à toutes les bourses. Pour ma part, il figure clairement dans l’article de ce site intitulé « OUVERTURE D’UN CABINET »

 Si vous êtes peu fortuné(e), vous paierez peu. Si vous êtes plus fortuné(e), vous paierez un peu plus cher.

Pour donner un ordre d’idée assez simple, on peut dire qu’en moyenne le prix d’une séance peut s’évaluer à : 1 minute = plus ou moins 1€. Or, dans mon cas, une séance dure en principe 45 minutes, parfois moins si je « capte » chez vous ce que j’appellerais un « signifiant », auquel cas je me permets de « couper la séance, sans en changer le coût prévu au départ. Cela vous permet, une fois rentré chez vous, de vous interroger sur ce qui a pu interrompre la séance et de savoir par avance ce qui « reviendra sur le tapis » (je devrais plutôt dire le divan !) la fois suivante.

Nous pourrons aussi, selon vos possibilités, « moduler » les séances pour les adapter à vos besoins de santé d’abord, et à vos possibilités financières ensuite. Je suis absolument contre l’idée d’une psychanalyse de riche et j’estime que chaque être humain mérite d’être écouté et pris en compte dans sa souffrance, quels que soient ses moyens.

Bien entendu, c’est ici un ordre d’idée. En pratique, selon les cas et les possibilités financières de chacun, la durée et les prix des séances peuvent s’inverser : vous pouvez faire des séances longues à un prix très bas ou des séances courtes à un prix plus élevé ; mais il faut reconnaître que c’est tout de même rarement le cas.

 

Quelle est la durée des séances que vous pratiquez ?

 

Elle est, en principe, de 45 minutes mais je reste assez souple sur la question, faisant d’abord et avant tout passer votre besoin au premier plan.

 

Le premier entretien avec vous est-il gratuit ?

 

    Oui, absolument, et dans tous les cas, que vous décidiez ou non de poursuivre ! Je ne fais jamais payer le premier rendez-vous, il est toujours gratuit ; mais remarquez bien que cela n’a aucun caractère obligatoire dans notre pratique, chaque psychanalyste fait comme il veut. Disons que pour ma part, je fonctionne comme ça et ça me va.

   

À combien de séances dois-je venir par semaine ?

 

À autant que vous le souhaitez : disons qu’un rythme de deux fois par semaine, c’est déjà bien.

 

Quelle sera la durée de mon analyse ?

 

La véritable question n’est pas celle de la durée de l’analyse, mais celle de la rapidité avec laquelle on arrive à obtenir la libération des inhibitions, des angoisses ou des symptômes auxquels vous êtes confronté. Là, ça peut aller très vite : disons entre six mois et deux ans.

À partir de ce moment-là, vous pouvez choisir soit d’arrêter votre analyse, soit de continuer.

Et l’on peut choisir de continuer l’analyse pour différentes raisons : d’abord parce que l’on se rend compte que c’était notre névrose, et non pas le prix des séances ou notre emploi du temps serré, qui nous rebutaient à venir aux séances. Par conséquent, on peut ensuite facilement pousser plus loin son analyse, afin d’accroître ainsi le degré de liberté de sa parole.

Enfin, il se peut que l’on envisage, à un moment de son analyse, la possibilité de devenir soi-même psychanalyste ; d’écouter, à son tour, la parole d’un analysant. Si ce désir d’inconscient se fait jour, il est logique et agréable de pousser sa cure analytique dans ses derniers retranchements.

 

Dois-je obligatoirement m’allonger sur votre divan ?

 

Non, cela n’a rien d’obligatoire ; mais il vrai que c’est tout de même mieux pour l’avancée de votre analyse.

 

Dois-je obligatoirement payer en liquide ?

 

Oui, dans tous les cas. C’est un principe général en psychanalyse.

 

Avez-vous des diplômes ? Que faisiez-vous avant d’être psychanalyste ? Depuis combien de temps êtes vous psychanalyste ?

 

Oui, j’en ai, disons comme tout le monde ; du moins comme la plupart des gens, mais pas nécessairement en rapport direct avec la psychanalyse. Avant d’être psychanalyste j’étais pasteur, et je le suis encore actuellement. J’ai ainsi pu, pendant treize années, exercer ce que nous appelons la « cure d’âme », qui s’apparente de fort près à a psychanalyse. C’est d’ailleurs ainsi que Freud lui-même a parfois nommé cette dernière ! Pour m’y préparer, j’ai acquis une licence en théologie et je me forme actuellement de diverses manières. J’ai été aussi moi-même « analysant » de 1990 à 1991 et j’ai réentrepris aujourd’hui une psychanalyse personnelle . Je participe aussi à différentes associations et écoles de psychanalyse dans le cadre d’une formation permanente.

Mais il me faut cependant ici être très clair : il n’existe pas (en aucune façon) de diplôme de psychothérapeute ni de psychanalyste et j’espère même qu’il n’en existera jamais, et ce même si ce manque de diplôme et d’officialisation académique laisse parfois la porte ouverte à des charlatans plus intéressés par votre portefeuille que par votre santé ou votre épanouissement réel.

 

Pourquoi ?

 

Parce que la psychothérapie et particulièrement la psychanalyse est une pratique (elle ne s’apprend pas à l’école ou à l’Université) et que c’est, en outre, une transmission : celle de la pratique de l’écoute des formations de l’inconscient, qui ne peut guère se faire qu’au cours de la cure analytique, sur le divan d’un psychanalyste.

Un psychanalyste est donc d’abord et avant tout quelqu’un qui a lui-même suivi une psychanalyse, et ce, parfois, pendant de longues années. Assez en tout cas pour savoir qu’en écoutant d’autres patients - qui, comme lui, ont eu a un moment de leur vie un problème inconscient à résoudre -, il sera à même de les engager à trouver leurs propres voies dans la résolution de leurs propres conflits psychiques.

 

Puis-je vous faire confiance ?

 

Le psychanalyste est dit neutre et bienveillant. Encore faut-il préciser que ce sont là deux adjectifs qui se réfèrent à son inconscient.

Je veux dire par là que ce n’est pas parce que vous êtes sympathique, que vous êtes nécessairement psychanalyste !

À l’inverse, cela ne veut pas dire non plus que parce que je suis psychanalyste, je me tairai nécessairement pendant toute la séance, ou que je ne vous embêterai pas avec certaines questions qu’il me plaira de vous poser ou certaines remarques qu’il me plaira de vous faire observer.

Mais malgré tous les petits tracas inhérents à toute cure analytique, vous pouvez avoir une entière confiance dans le psychanalyste : vous pouvez et d’ailleurs vous vous engagez à respecter la règle fondamentale de la psychanalyse, c’est-à-dire à dire, à parler, tout ce qui vous passe par la tête au moment même où vous êtes dans le cabinet de votre psychanalyste ; et ce, peu importe si ce que vous avez à dire vous paraît difficile - soit que vous le jugiez immoral, trivial ou stupide, ou encore trop intime. Le psychanalyste s’engage, quoique vous disiez, à ne porter aucun jugement moral ou de valeur, sur ce que vous dîtes. Vous pouvez être certain(e) qu’il est totalement acquis à votre cause. Sachez aussi que tout ce que vous pourrez me dire ne franchira jamais la porte de mon cabinet et que je suis absolument tenu au secret professionnel qui pour moi est la meilleure garantie que je puisse vous offrir.

 

Existe-t-il un ordre des psychanalyses ?

 

Il n’y a ni ordre ni diplôme de psychanalyste. Encore une fois il faut être bien clair : toute institution ou association se réclamant d’un « Ordre » ou d’un « Conseil supérieur » de la psychanalyse ou des psychanalystes est une institution ou association qui se constitue sur fond d’imposture !

 

Par contre, il existe un grand nombre d’Associations et d’Écoles de psychanalystes, de tailles très diverses, et qui regroupent des psychanalystes qui, tout simplement, éprouvent le désir de travailler ensemble. Elles sont généralement elles aussi neutres et bienveillantes et aucune n’aurait d’ailleurs la prétention de chapeauter les autres au point de constituer un « Ordre » ou un « Conseil supérieur » de la psychanalyse ou des psychanalystes en général.

 

Faîtes-vous partie d’une association de psychanalyste ?

 

Oui, je fais partie d’une association qui s’est constituée en École de psychanalyse et je participe à plusieurs groupes de travail , des séminaires, etc. ; mais je dois dire que cela importe finalement fort peu dans la relation inconsciente entre le psychanalyste et l’analysant, la seule qui nous intéresse dans le cadre de cette FAQ.

 

Qu’est-ce qu’un charlatan en psychanalyse ?

 

Je répondrai très simplement et de manière qui paraîtra peut-être à certains très surprenante : mais plus un psychanalyste affiche de diplômes et de titres, moins vous devez lui faire confiance en tant que psychanalyste.

Lorsque, par exemple, vous lisez sur une plaque en bas d’un immeuble ou dans une publicité :

 

Dr Untel
Psychiatre, psychologue, psychanalyste, et sexologue bilingue.
Diplômé en relations de couples, enfants, adolescents, etc.

 

Vous pouvez être absolument certain que vous n’avez pas affaire à un psychanalyste.

Ce sera peut-être une personne très sympathique, voire sérieuse dans son travail, mais ce travail ne sera certainement pas celui d’un psychanalyste.

 

Pour le bon mot, tous ces titres « à rallonge » que l’on voit dans les publicités ou sur les plaques au bas des immeubles, ça me rappelle toujours la scène du célèbre film : Il était une fois dans l’Ouest, où Henry Fonda voit arriver un homme qui souhaite lui proposer un marché. Au premier coup d’œil, James Fonda refuse ce marché pour la raison apparemment triviale selon laquelle l’homme porte à la fois des bretelles et une ceinture ; mais sa tirade est éclairante : 
 « Je n’ai pas confiance dans un homme qui porte à la fois des bretelles et une ceinture : c’est quelqu’un qui n’est pas sûr de son pantalon ! »

Alors un psychanalyste qui rajoute des titres sur sa plaque, c’est quelqu’un qui, selon moi, « n’est pas sûr de son pantalon », c’est-à-dire qui n’est pas sûr de son inconscient : ce qui est tout de même très embêtant lorsqu’on se dit psychanalyste.

 

Qu’est-ce que l’inconscient ?

 

Pour le dire simplement : c’est le lieu de la vérité sur nous-mêmes. Cette vérité a généralement été refoulée depuis longtemps dans l’inconscient, mais elle peut faire retour à un moment de notre vie où les mécanismes de ce refoulement auront été ébranlés, notamment par des changements d’états dans notre vie professionnelle, sentimentale, familiale, sexuelle, etc., lesquels avaient finalement pris leurs racines et puisés leurs sources au plus profond de notre structure psychique inconsciente.

Or lorsqu’on ne peut plus refouler cette vérité, l’inconscient fait retour et s’engage alors une lutte contre cette vérité inconsciente, lutte qui nous assaille sous formes d’inhibitions, d’angoisses et de divers symptômes, qui resteront toujours incompréhensibles à la raison et à la rationalité des psychiatres, des psychologues et des philosophes.

 

Seule la méthode psychanalytique, par la libre association (par les paroles de la vie quotidienne, les lapsus, les actes manqués), et surtout par l’analyse des rêves et des souvenirs infantiles, est capable de dénouer l’inconscient et de nous réconcilier ainsi avec cette vérité libératrice

 

Publié dans Infos Psy

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Commenter cet article

djose4 12/03/2009 20:59

Bonsoir,

Merci pour cette mise au point. Malgré ce que j'ai dit, je ne doute pas que vous soyez quelqu'un de bien.

A bientôt,

djose4 (de France)

djose4 12/03/2009 16:35

Bonjour à nouveau,

Autre propos sur lequel je souhaite rebondir :
"Le prix des séances de psychanalyse est adaptable à toutes les bourses. Pour ma part, il figure clairement dans l’article de ce site intitulé « OUVERTURE D’UN CABINET »
Si vous êtes peu fortuné(e), vous paierez peu. Si vous êtes plus fortuné(e), vous paierez un peu plus cher. "

Ce que vous dites ainsi fait un peu "Robin des bois" si je puis me permettre. Là aussi j'ai l'impression que vous laissez peu de libre-arbitre aux personnes qui viennent vous voir quant au fait de leur prise de conscience de leur richesse. Je pense que quelqu'un de riche ferait plutôt un bon mécène pour une structure associative, non ? Je trouve culpabilisant de faire payer un peu plus cher les plus aisés.
Ceci dit, globalement je trouve très enrichissants les articles de votre blog.

Très cordialement.

Jean-Marie Demarque 12/03/2009 18:04


Bonjour,

et merci pour ces critiques fondées et constructives. Je suis comme vous révolté contre les "médecines à deux vitesses", (même si la psychothérapie et la psychanalyse ne sont pas de la médecine) et
c'est tout à fait vrai que notre système, en Belgique en tous les cas, contribue à l'emprisonnement des plus démunis dans un cercle vicieux dont ils ne savent pas sortir et dans lequel ils voient
leur santé physique et psychique se dégrader.
J'accepte volontiers l'allusion à Robin des bois, mais je lui préfèrerais, pour ma part, Don Quichotte...
Il ne s'agit nullement -pour moi en tous cas- de faire payer "plus cher" aux "riches". D'abord parce que mes tarifs sont des plus normaux et des plus bas en la matière, ensuite, parce que comme
vous le soulignez très justement, richesse et pauvreté sont des choses relatives.
Lorsque je reçois un patient pour la première fois, la question du coût est clairement posée dans le "contrat" de départ. Seule la durée ne peut être clairement déterminée. Pas plus d'ailleur que
celle d'une quelconque promesse de réussite. Je ne suis ni devin ni magicien. Mais cette question du "coût", fixée au départ,  peut, en cours de cure, être remise en négociation. Ce qui prime
avant tout pour moi, c'est le mieux être de la personne et l'écoute que je peux lui accorder. Je préfère de loin voir une personne quitter la cure dans un réel mieux être que de voir grossir mon
portefeuille, même si, comme tout un chacun, il me faut bien gagner ma "croûte"... Et, tant qu'à faire, je préfère faire un métier que j'aime et m'y sentir heureux et en règle avec ma conscience,
que d'aller au boulot avec des chaussures de plomb. Evidemment, je ne fais pas "d'enquête" sur la question de la réalité de la précarité ou de la richesse d'un patient, je me fie à ce qui m'est
dit, et donc je peux aussi me "faire avoir". C'est un risque que j'accepte librement de courir. Un risque qui me semble quand même assez limité dans une profession qui relève du "relationnel" au
sens le plus large.
Bon, d'accord, je me bats peut-être contre des moulins à vent, c'est sans doute dû, comme vous le relevez dans votre autre commentaire (tout aussi constructif) à mon "passé pastoral". Mais je ne
suis pas non plus le "pasteur" de mes patients, ce qui consisterait à ne pas être totalement neutre : d'abord parce que je ne suis plus pasteur en exercice, ensuite parce que je suis leur "psy", et
pas autre chose, rassurez-vous, même si comme me le dis parfois un médecin de mes connaissances, nous sommes tous de "la race des confesseurs"... à condition de ne pas être de celle des juges ni
des "bavards"... Mais qui que nous soyons et quoi que nous fassions, nous sommes et restons des hommes (ou des femmes), et donc, en conséquence, des êtres faillibles.

Bien cordialement, et peut être à bientôt sur le net ?

Jean-Marie Demarque


djose4 12/03/2009 16:25

Bonjour,

Je souhaite rebondir sur votre propos suivant :
"En conséquence, si vous trouvez un psychanalyste qui se dit « être remboursé par la Sécurité sociale », c’est qu’il est médecin (psychiatre ou généraliste) et qu’il fait passer son acte analytique comme un acte médical. C’est donc, premièrement, qu’il se ment à lui-même (il n’est pas, en vérité, psychanalyste, puisqu’il refuse d’assumer les conséquences de son acte), deuxièmement qu’il ment à la Sécurité sociale (certes pour que vous puissiez vous faire rembourser), mais troisièmement et surtout, qu’il vous ment à vous, puisqu’il vous fait soutenir ce mensonge."

Certes ce n'est pas bien de mentir et de contourner les systèmes de remboursement de leur but premier. Cependant, pourquoi faire des systèmes qui empêchent les gens de se soigner au mieux ? Pourquoi les meilleurs soins seraient-ils réservés aux gens les plus aisés financièrement ? Quel est le lien entre la santé du corps avec la santé de son porte-monnaie ?
Malgré ma réaction, je suis honnête et je paie même si je ne suis pas remboursé. Dans mon cas, je parle plutôt de mes problèmes de dos où j'aurai besoin de voir un peu plus souvent un ostéopathe (qui n'est pas remboursé). Mes maigres moyens ne m'ont pas permis d'aller régulièrement et je traîne bon gré mal gré quelques douleurs parfois.
Tout cela pour dire que la rigidité de la loi ne va pas toujours dans l'amour de l'être humain. En tant que Pasteur vous devez très certainement en connaître un rayon sur ce que je viens de dire.

Très cordialement.