Suis-je anxieux, angoissé, déprimé ou…dépressif ?

Publié le par Jean-Marie Demarque

L’amalgame est courant entre ces quatre expressions qui n’ont pas grand chose à voir entre elles et si les trois premières concernent des souffrances bien réelles et un mal-être qui sont à prendre en compte, la dernière, qui concerne la dépression concerne une pathologie grave, de type psychiatrique et qui peut, hélas, avoir des conséquences aussi irréversibles que fatales si elle n’est pas traitée sans délai et de manière adéquate.

Manière adéquate implique ici une double prise en charge qui devrait, dans l’idéal, pouvoir s’envisager sous l’angle d’une collaboration, même si elle émane de deux professions qui ne font pas , en raison plus d’idées reçues que d’arguments probants, bon ménage.

 

Je veux parler ici de la médecine et de la psychothérapie, surtout lorsque cette dernière passe par le champ psychanalytique !

 

La dépression implique une série de 9 symptômes repris dans un formulaire d’aide au diagnostic mental appelé « DSM IV », symptômes qui sont repris dans le tableau suivant :

 

-humeur dépressive présente pratiquement toute la journée, presque tous les jours, signalée par le sujet ou observée par les autres.
-perte d'intérêt ou de plaisir: diminution marquée de l'intérêt ou du plaisir pour toutes ou presque toutes les activités, pratiquement toute la journée, presque tous les jours, signalée par le sujet ou observée par les autres.
-perte ou gain de poids significatif en l'absence de régime ou diminution ou augmentation de l'appétit presque tous les jours.
-insomnie ou hypersomnie presque tous les jours.
-agitation ou ralentissement psychomoteur presque tous les jours (constaté par les autres, non limité à un sentiment subjectif de fébrilité ou de ralentissement intérieur)
-fatigue ou perte d'énergie presque tous les jours.
-sentiment de dévalorisation ou de culpabilité excessive ou inappropriée (qui peut être délirante) presque tous les jours.
-diminution de l'aptitude à penser ou à se concentrer ou indécision presque tous les jours (signalée par le sujet ou observée par les autres).
-pensées de mort récurrentes (pas seulement une peur de mourir), idées suicidaires récurrentes sans plan précis, ou tentative de suicide, ou plan précis pour se suicider.

Si cinq de ces symptômes sont présents chez vous depuis plus de quinze jours, vous devez consulter un médecin qui vous prescrira une médication adéquate.

A noter aussi que ces symptômes induisent une souffrance cliniquement significative ou une altération du fonctionnement social, professionnel ou d'autres domaines importants

Enfin, ils ne sont pas directement imputables aux effets physiologiques directs d'une substance ou une affection médicale générale

Ils peuvent s’expliquer par un deuil (mort d'un être cher, voire perte d’un emploi). Dans ce cas la situation est alarmante dès que les symptômes persistent pendant plus de 2 mois ou s'accompagnent d'une altération marquée du fonctionnement, de préoccupations morbides de dévalorisation d'idées suicidaires, de symptômes psychiques ou d'un ralentissement psychomoteur

 

Le risque majeur de la dépression nerveuse, dont les différents aspects seront explicités dans un article suivant est évidemment le suicide, qu’il soit « direct » ou dérivé par l’adoption de conduites à risques. Très souvent aussi, le recours naturel à l’abus d’alcool, produit agissant comme un désinhibiteur induit très souvent , justement par la déshinibition qu’il produit, un « passage à l’acte » de type impulsif, cause de nombreux décès chez des « suicidants » qui ne voulaient pas vraiment mourir.

 

Mais si la médecine est indispensable au traitement de la dépression, elle n’agit généralement que par le biais d’une chimiothérapie, nécessaire, voire indispensable, mais qui est incapable de soigner la « racine » du mal très souvent enfouie dans les recoins du subconscient du patient.

 

C’est ici que la psychothérapie s’avère utile, voire indispensable à un traitement plus « durable » (voire même définitif) et à l’évitement des rechutes, si fréquentes en la matière et si souvent « aggravantes ».

 

Ceci ne signifie pas pour autant que les autres pathologies que sont la « déprime » (qui est plus un état quasi naturel qu’une pathologie, sauf si elle s’avère invalidante socialement ou professionnellement), l’anxiété ou l’angoisse ne doivent pas être prises en compte sérieusement. Toutes trois relèvent elles aussi du médical (pour ce qui est de la prescription pharmacologique) et de la psychothérapie pour ce qui est de leur traitement en profondeur.

 

Jean-Marie Demarque

Psychothérapeute

Publié dans Infos Psy

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