Au temps béni des colonies...

Publié le par Jean-Marie Demarque

Ce titre d'un "tube" de Michel Sardou, et surtout son contenu ironico-grinçant a créé, lors de sa sortie, il y a quelques années des remous et des réactions bien prévisibles dans les milieux des nostalgiques de ces temps aujourd'hui fort heureusement révolus pour la plupart des cas, temps "bénis" pour les profiteurs éhontés qu'ont été, dans leur immense majorité, les colonisateurs européens.

De mon point de vue direct, je pense à la Belgique, bien sûr, mais aussi à la France, pour des raisons bien précises...

Lorsque nous avons "débarqué" sur ces terres lointaines, nous avions l'ambition aussi prétentieuse que folle d'y "apporter la civilisation"... La nôtre, bien évidemment, qui vaut pour ce qu'elle est, en bien comme en mal, mais qui n'est certes pas "LA" civilisation par excellence, celle qui prévaudrait comme un modèle universel, et qui serait en droit d'écraser toutes les autres.

Car c'est bien de cela dont il s'agit en premier lieu : que ce soit dans "notre" bon vieux Congo Belge, ou, pour nos amis français entre autres en Algérie ou au Maroc, il est évident aujourd'hui qu'il y avait, avant l'invasion européenne, des autochtones très civilisés, qui vivaient là bas selon leurs propres règles et coutumes, connaissant, comme tous les humains les joies et les déconvenues liées à toute vie.

Lorsque nous sommes arrivés avec notre légendaire esprit "supérieur" d'européens, nous avons non seulement voulu imposer notre morale, notre religion, nos idées, nos conceptions et, en échange, nous avons pris possession de ces terres immenses, pour en exploiter les richesses... A l'époque, tout le monde trouvait cela normal, personne n'aurait eu l'idée de s'en offusquer. Et aujourd'hui encore vivent en nombre -et souvent assez bien- des nostalgiques de ces "temps bénis", qui parlent le plus souvent de ceux qu'ils ont exploité en des termes qui se devraient d'être sévèrement punis par les lois anti-racistes récemment édictées.

On peut tourner et retourner le problème comme on veut : les actes colonisateurs de nos ancêtres ne peuvent objectivement être qualifiés que de vols cautionnés!

Mais il n'y a pas que cela : il y a les séquelles qui se font sentir aujourd'hui encore de ces colonisations, et je ne parle pas seulement des plus criantes qui se manifestent au travers de guerres ou de génocides, mais de celles, moins directement visibles qui se traduisent par un manque cruel des moyens de soins ou de confort les plus élémentaires.

Nos Universités belges refusent des inscriptions de candidats médecins, numerus clausus oblige! Des médecins, il y en aurait de trop! La sécurité sociale se plaint -a juste titre!- d'abus de toutes sortes qui élargissent sans cesse un "trou" au moins aussi inquiétant que celui de la couche d'ozone...

Et il y a des pays, comme le Maroc par exemple, où des gens comme vous et moi n'ont pas de médecin traitant, n'ont que peu ou pas du tout de suivi médical, doivent "se taper" des centaines de kilomètres en voiture pour aller chez un spécialiste, quand ces spécialistes existent. Des pays dans lesquels nous avons importé, avec un mode de vie à l'Occidentale comme modèle quasi obligé, les principales souffrances psychologiques qui sont susceptibles de l'accompagner, comme le stress, l'angoisse d'un avenir incertain, la dépression, sans donner les moyens de les combattre !

Résultats ? Une détresse croissante chez de nombreuses personnes, une quasi impossibilité de consulter, une médecine mal préparée au traitement de ces problèmes spécifiques, peu de "psys", quelque soit leur discipline, et ceux qui existent trouvant leur pratique entravée par une sorte de supersition ou des préjugés qui, soit dit en passant, sévissait encore chez nous il y a quelques décennies où les "psys", quels qu'ils soient étaient considérés comme les "médecins des fous". Et les dépressifs comme des "tire au flanc" ou de faux malades...

Situation aberrante ? oui, évidemment : un souvenir indirect et indécent du "temps béni des colonies"!

Jean-Marie Demarque

Psychothérapeute

       

Publié dans Réflexions Psy

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fred 15/10/2017 05:40

Ils étaient tellement malheureux, qu'ils chialent tous pour venir chez leurs anciens "oppresseurs" !

Mélanie 27/09/2016 14:40

Votre texte est tellement mal ponctué avec des phrases à rallonge que je n'ai réellement pas saisi votre point de vue.. Je suis partagée entre ironie et véracité ! D'ailleurs, vous le reprochez également à Michel Sardou.

Bref, mon avis personnel est qu'effectivement forcer un peuple à se plier à notre mode de vie tout en pillant ses richesses sans même le laisser "donner son avis" c'est mal.
Cependant, ne suivons-vous pas le même principe avec nos enfants ?

En revanche, bien que la colonisation ait sûrement été ressentie comme un "viol" pour eux, elle leur a tout de même laissé des éléments positifs non négligeables dont profitent notamment les générations suivantes : écoles, électricité, train, médecine plus rationnelle (à différencier des médecines vaudou & co, sans critiquer leurs effets, je le précise car je sens qu'on va encore me taper dessus), Etc.

Il faut toujours mettre de l'eau dans son vin quand on débat. D'autant que je suis certaine que vous êtes ravi d'avoir votre parure de draps en coton et votre joli véhicule et son pétrole ;)..