Les marchands de bonheur...

Publié le par Jean-Marie Demarque

De plus en plus nombreux sont, sur la « Toile », les sites qui ont pour thématique la lutte contre ce phénomène aussi croissant qu’inquiétant qu’est celui de la détresse humaine, détresse psychologique s’entend, résultante d’une individualisation exacerbée de notre société qui génère plus que toute autre avant elle un lot de solitude, de dépression, et de mal-être. Comme dans les « animaux malades de la peste », « tous n’en mourraient pas, mais tous étaient atteints »…

Pour les professionnels de la santé, à tous les niveaux, c’est un souci certain, qu’ils s’efforcent d’affronter du mieux qu’ils le peuvent avec, certes, des moyens techniques, pratiques ou pharmacologiques de mieux en mieux ciblés et efficaces, mais qui ne sont pas du tout de l’ordre magique de ces « poudres de perlimpinpin que de sinistres « pirates » prétendent nous délivrer sous forme de pastilles ou de prétendues méthodes au final aussi onéreuses qu’inutiles, lorsqu’elles ne produisent pas l’effet inverse du résultat promis.

Ce matin encore, relevant mon courriel, je me trouvais devant cette question : « Jean-Marie, voulez-vous savoir si on vous ment ? ».

Première remarque, de pur marketing : le « courrier » est personnalisé : mon prénom y apparaît, pour mieux essayer de faire croire que c’est à moi, en particulier qu’il s’adresse. Simple tour de passe passe informatique, mais qui a certainement son impact auprès de certaines personnes, parmi lesquelles peuvent se trouver des personnes très fragilisées.

Seconde remarque, qui se situe au niveau de la question qui peut d’ailleurs être formulée autrement : « aimeriez-vous lire dans les pensées des autres ?» Bref, le vieux coup de la plus vieille tentation du monde : celle de la connaissance du bien et du mal !

Et, si vous « cliquez » plus loin, de vous promettre des cadeaux, gratuits bien sûr (autant qu’inutiles ) que vous obtiendrez (peut-être) si vous souscrivez à l’une ou l’autre méthode aussi prétendument efficace que vide et creuse et très souvent…onéreuse !

Mais quoi ? vous m’objecterez sans doute, et avec une certaine logique, qu’un psychothérapeute ne travaille pas non plus pour rien, et qu’il trouve aussi ses revenus dans la détresse humaine. C’est une manière d’envisager la chose, et malheureusement, elle peut aussi ouvrir la voie à des dérives tout aussi inadmissibles. J’en conviens.

C’est du reste vrai aussi pour les psychanalystes, les psychologues, voire les médecins et tous ceux et celles qui, d’une manière ou d’une autre, se trouvent sur le « front » de la santé, qu’elle soit physique ou mentale, les deux ayant le plus souvent partie liée. Et j’ajouterai volontiers qu’il existe aussi des sociétés de « coaching », de nouvelles thérapies qui ont une efficacité certaine et sont pratiquées par des gens honnêtes, compétents et consciencieux. Curieusement, tous, quels qu’ils soient, ont dans ce cas un dénominateur commun : ils ne promettent rien ! Ce sont des thérapeutes, pas des thaumaturges ! Et c’est VOUS qui êtes l’objet de leur attention, pas le contenu de votre portefeuille !

Vous me direz peut être aussi que moi-même, je ne travaille pas pour rien. C’est vrai (en principe du moins). Il faut bien que, comme tout un chacun j’essaie de gagner ma vie…

Et c’est vrai que des honoraires de base, en matière de psychothérapie, qui oscillent généralement au minimum entre 30 et 50 € pour trois quarts d’heure de séance, non remboursables, cela peut paraître beaucoup. Mais si l’on déduit les charges, et le temps considérable passé ensuite en travail d’interprétation et de réflexion, en recherches … on s’aperçoit vite qu’un psychothérapeute gagne en fait très peu, sauf, bien sûr s’il a de nombreux patients, une expérience de plusieurs années, une réputation et des honoraires plus élevés que la « moyenne de base ».

Vous ajouterez sans doute maintenant : pourquoi choisir un tel métier ?

D’abord parce que ce n’est pas tellement un choix qu’une vocation. Ensuite parce que c’est LE métier que j’aime, par-dessus tout. Et l’amour, en cette matière aussi est de l’ordre de l’irrationnel.

J’ajouterai enfin que si je pratique des honoraires « basiques », ils sont aussi négociables à la baisse en cas de vrai besoin, et qu’ils sont de toute manière moins élevés pour des personnes sans revenus (chômage, CPAS). Et j’ai pour principe de ne jamais refuser mon écoute, même à quelqu’un qui serait absolument sans ressources. C’est de l’éthique, pas du biseness !

 

Jean-Marie Demarque

Psychothérapeute

Publié dans Infos Psy

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